Depuis le temps que l’on vous dit que les roues  à boyaux sont meilleurs que toutes les autres et que vous nous répondez : “je ne sais pas changer un boyau”, le confinement  va au moins servir à ça : vous apprendre a changer de boyaux !

 

Depuis le temps que l’on vous dit que les roues à boyaux sont meilleures que toutes les autres et que vous nous répondez : “je ne sais pas changer un boyau”, le confinement va au moins servir à ça : vous apprendre à changer de boyaux !Comme disaient les bronzés : “vous avez du Suc ? Vous avez de la patte ? Alors vous savez faire une crêpe au sucre” ! Changer un boyau, c’est pareil ! Il faut deux mains, un boyau (déjà monté) et un demi-rouleau de Jeantex.

Allez, on vous explique la totale, pour que vous sachiez tout et ne plus jamais être bloqué, d’une manière ou d’une autre.

1- Collez-vous même vos boyaux à la maison

Quand vous partez, assurez-vous que c’est vous qui avez collé vos boyaux… Car vous aurez pris soin de ne pas mettre du ruban double face Jeantex sur toute la circonférence de la jante. Du coup, vous commencerez par décoller le boyau juste à cet endroit, ce qui sera donc bien plus facile. De plus, ça rassure et surtout, si vous crevez, vous savez que vos boyaux n’ont pas été collés par un allemand de chez Continental, ce qui vous évitera d’appeler Hulk pour décoller votre boyau. (Du vécu.).

2- On démonte sa roue.

On l’attrape du côté opposé à la valve et avec les deux pouces on tire sur le boyau, vers l’extérieur de la roue. Une fois le haut « sorti » de la jante, il n’y a plus qu’à tirer tranquillement jusqu’à la valve.

3- Un nouveau « vieux » boyau, c’est le secret !

On prend son nouveau boyau. Tout le secret de non-emmerdement tient dans cette phase : ce boyau, il n’est surtout pas neuf ! Vous l’avez déjà monté, (sans le coller, hein !) chez vous sur une veille roue pourrie ou une jante à moitié cassée que vous avec récupéré. Comme ça, votre boyau est déjà étiré et il se monte super facile !

outil valave boyau

De plus, vous avez déjà mis le prolongateur dessus chez vous. Comme ça, c’est déjà fait et ça vous évite tous les problèmes au gonflage. Mais il existe un mini outil ( Mavic et les autres) qui permet de démonter les valves et de mettre le prolongateur puis remonter le tout.

Neuf, en fonction des marques, il faut parfois avoir de (très) bons pouces, à la fin… Et toute la mauvaise réputation des boyaux vient aussi de la, outre la colle.

4- Attention, Roulement de tambour !

Vous allez me parler de la colle ! On a vu que pour ceux qui ne veulent pas « galérer », on avait auparavant mis du double face Jeantex (ou Tufo Gluing tape. 6 €) pour coller son boyau.

IMG_0343tufo double face

Eh bien, grande nouvelle, pas besoin d’en remettre ! Déjà, au siècle dernier, quand on crevait en course, on remettait un nouveau boyau sans le coller ! Mais les jantes étaient en aluminium…Donc, notamment avec Tufo, le double face reste, en général, plus sur la jante que sur le boyau. Vous n’avez plus qu’à remettre l’autre boyau. Fini les problèmes liés à la colle.

Merci qui ?

5- « Collage » du nouveau (ancien) boyau.

On commence évidemment par la valve. Comme le double face est resté sur la jante, et qu’il colle moins que neuf (mais il colle assez pour remettre un boyau et rentrer), on a juste à monter et à centrer un minimum le boyau.

Placez la roue sur vos chaussures, comme sur la photo, puis remonter le boyau de chaque côté de la jante, droite, gauche et ainsi de suite. Une fois en haut, on tire un peu et hop, le boyau est en place. Mettez 1 bar de pression, centrez un peu et gonflez pour de bon. Notez que les vendeurs de mini-pompes sont d’énormes menteurs et qu’il est impossible de dépasser 6 bars avec leurs engins (on les toutes essayées…). Et encore. Donc, une cartouche de gaz est la bienvenue. Notez enfin qu’une cartouche de CO2 de 8g peut monter jusqu’à 12 bars si vous la videz dans le boyau ! Donc, on garde l’autre main sur le boyau pour vérifier la pression. Dès que c’est « dur » on, arrête !

6- Le retour est joué !

Entraînez – vous chez vous. En deux ou trois fois, vous changerez un boyau plus vite qu’un pneu. Et on ne vous parle pas des tubeless, le « truc » qui vous pourri une sortie une fois sur deux si vous crevez.

Enfin, sachez qu’on ne perce pas plus en boyau qu’a pneu. En revanche, n’hésitez pas à faire attention ou vous mettez vos roues et à ausculter vos boyaux après chaque sortie. Et retirer les éventuels petits silex qui seraient plantés dans la chappe. Ensuite, mettez une goutte de colle à boyau dessus et laissez sécher

Voilà. Vu comme cela, condensé, cela peut paraître un peu contraignait. N’en croyez rien. Comme tout ce qui est nouveau, cela semble un peu long ou compliqué. Cela ne l’est pas. Sauf si vous avez vraiment deux mains gauches !

Et n’oubliez pas : Les roues à boyaux demeurent imbattables en termes de confort, de rendement et de rapport « stiffness-to- weight ».

Pas juste le boyau, l’ensemble de la roue.

Petits trucs à savoir avec les boyaux :

  • Il y a bien une chambre à air dans les boyaux. En latex, un Vittoria se dégonfle en une journée ! En caoutchouc, comme Conti ou Hutchinson, ça tient une semaine !
  • Le Co2 se « sauve » plus vite que l’azote (le gaz qu’utilise une pompe normale).
  • Lorsqu’elle se vide, une cartouche de CO2 gèle littéralement. Donc mettez des gants. Ou achetez une mousse qui va autour de la cartouche
  • L’espérance de vie d’une cartouche de Co2 est d’un an ; Maximum. Sinon, vous risquez d’en avoir une… vide !

RJ