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TOUR 2022 : Règlement de compte à OK « Huez »

Hier, le Tour nous a offert ce qu’il peut y avoir de mieux dans le cyclisme « pro » : Une étape où les belligérants se sont flingués tant et plus. Magnifique, grandiose.
Aujourd’hui risque d’être déjà un dénouement…

À l’instar du fameux western de John Sturgees, le « sheriff » du Tour s’est fait flinguer par une bande de malfrats bien décidés à en découdre non pas à OK Corral mais dans le Granon, qui a invalidé ses années d’absence sur le Tour avec un scenario exceptionnel.

Les coureurs ont été grandioses. La Jumbo Visma et sa ribambelle de champions ont mis le feu aux poudres dès le début de l’étape avec ses rouleurs Laporte et Wout van Aert afin de durcir la course et fatiguer d’entrée l’organisme de Pogačar, qui sera vite esseulé.

Avant-hier, nous parlions de surprise possible.

L’altitude des sommets du jour, les Galibier et Granon, + de 2400 m, semble définitivement avoir impacté les coureurs. Le Slovène, souverain jusqu’ici, a étrangement connu son premier jour sans depuis son règne, entamé il y a près de trois ans.

Une demi-surprise donc car si Pogačar devait être mis en difficulté sur ce Tour, c’était potentiellement dans un décor où il n’avait pas encore fait ses preuves, la haute montagne.

Pogačar sous le feu croisé des Jumbo-Visma
Tu as beau être le plus fort, lorsqu’une bande de pistoleros du calibre de Roglič, Van Aert, Kruijswijk et Laporte se met sur ta peau, s’en sortir est -mathématiquement- impossible. Surtout lorsque chacun joue sa partition à merveille. Mais il fallait un grand tireur pour finir le job et Vingegaard a été lui aussi exceptionnel dans le final et a porté l’estocade avec la brutalité d’un Viking.

Mais Pogačar n’est pas mort. Il a pris 3 minutes, certes, mais nous pourrions dire seulement trois minutes. Et son mental est bon. À notre avis, aujourd’hui ça va « couiner »…

Attention au retour de flamme…
Si on prend la situation par l’autre bout de la lorgnette que voit-on ?
On voit qu’il a fallu une phénoménale débauche d’énergie, un plan ultra-huilé et cinq hommes parmi les plus forts du peloton avec un Van Aert encore monstrueux pour faire mordre la poussière au jeune slovène. Et à partir d’aujourd’hui, on revient sur un terrain « normal » sans dépasser les 1800 m d’altitude.

Et puis malgré son jeune âge et sa bonne humeur quasi permanente, Pogačar est un tueur. C’est un champion. À l’instar d’un Bernard Hinault, si tu parvenais à chatouiller le Breton et à lui maintenir, un instant de déraison, la tête dans le seau, le retour de kick risquait d’être monstrueux car non seulement tu l’avais battu mais en plus, vexé…
Si Pogačar n’est pas aussi vindicatif que le Blaireau, il en a l’attitude sur le vélo : il adore enfoncer le clou et montrer à tous, lors d’un sprint ou d’une arrivée de puncheur, qu’il est toujours devant. Une attitude qui démontre un tyrannisme latent !

La « vengeance » : Aujourd’hui ou plus tard ?
S’il a récupéré, le terrain s’y prête. Sinon, il peut espérer se refaire et attendre les Pyrénées. Mais dans le cyclisme moderne, attendre, c’est prendre aussi un risque. Alors à notre avis, aujourd’hui risque encore d’être la guerre. Les Jumbo Visma ont les crocs plantés dans le bout de viande et ils ne vont rien lâcher. Et il y a l’odeur du sang qui devrait les exciter. En face, le champion est sûrement vexé. Il va vouloir remettre les pendules à l’heure.
Le pied de l’Alpe risque d’être terrible…

Et la dernière inconnue demeure :  la chaleur…

RJ

Aujourd'hui, l 'Alpe d'Huez va avoir des airs d'OK Corral !

L’étape du Jour

Briançon – L’Alpe d’Huez

Fin du sprint : Pogacar les a littéralement enrhumé : seul Matthews est encore sur la photo...Capture écran ©Eurosport
Horaires de passage des coureurs

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