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Championnat du monde de VTT… Électrique : Sans rire ?

On touche le fond, non ?
Depuis 2021, l’UCI a créée un championnat du monde de VTT en version électrique. Au-delà d’un naturel et logique questionnement sur l’existence même d’un tel évènement, une réflexion en profondeur démontre que cette épreuve n’a aucune logique sportive…
Jérome Gilloux s'impose une seconde fois consécutivement aux championnats du monde de VTTAE après 2021. On n'aime pas le pricnipe de la discipline mais on respecte absolument le champion.

De prime abord, c’est du VTT, donc pas notre truc.
Ensuite, c’est de l’électrique, moins notre plaisir.
Enfin, une activité jeune qui n’a ni l’histoire ni ne véhicule la dramaturgie, l’émotion créée par les grands Tours.
Alors pourquoi prendre la plume, comme on disait jadis ?
Parce que c’est tellement choquant que cela nous interpelle : les seconds championnats du monde de « VTTAE » viennent d’avoir lieu. Et autant le dire, sportivement, cette épreuve ne respecte aucun des piliers qui font le cyclisme.

Tout d’abord, afin de clarifier notre propos, nous ne remettons absolument pas en doute les efforts physiques nécessaires pour figurer dans ce genre d’épreuve.
En revanche, on peut (on doit ?) se poser des questions sur le fond.
Le vélo, depuis son apparition, via le Baron Drais au tout début du 19 ème siècle, est une machine terrestre à propulsion musculaire humaine. Non pas par choix mais par conception et par obligation. Environ 50 ans plus tard, Perreaux invente la motocyclette, en 1868. Il s’agit alors d’un vélocipède équipé d’un moteur à vapeur qui cherche à s’émanciper de la propulsion musculaire. Deux véhicules qui n’ont donc rien à voir et dont le but est différent.

On peut donc se demander ce qui, dans le cadre d’une fédération internationale de sport, en l’occurrence L’UCI, n’est pas clair dans ces deux définitions et justifie l’inscription au calendrier mondial d’une épreuve de vélo fonctionnant sur le principe d’une double énergie dont l’une est électrique !
Nous, bêtement, pensions qu’une fédération internationale sportive, avait pour mission de superviser, contrôler, organiser des compétitions liées à son objet, en l’occurrence le vélo. Pas de créer de nouvelles disciplines. Nous nous sommes trompés.
Après vérification, nous avons cerné notre erreur : L’UCI, créée en 1900 à Paris, développe et supervise le cyclisme sous toutes ses formes et pour tout le monde, en tant que sport de compétition.
Il convient donc de comprendre que dans le mot sport, il n’est nullement fait référence au vélo mué par la force musculaire, mais bien dans le sens de la compétition, sans rapport avec l’effort physique comme énergie principale pour atteindre la victoire. En fait, on est désormais dans le même cas de figure que dans le « sport automobile ». Le pratiquer est physique, condition nécessaire mais pas suffisante.
Dont acte !
Cela étant, il y a la lettre et l’esprit de la lettre.
Le vélo est tellement connoté, depuis son apparition, à l’unique effort physique que lorsqu’une fédération internationale, gardienne du temps de l’activité qu’elle représente, prend une telle décision, on se pose forcément des questions sur les raisons fondamentales qui ont amené à ce choix.

Changement de paradigme, la mode.
Dès lors que l’on considère que la pratique du vélo peut s’associer à l’utilisation d’un second mode de propulsion, donc un moteur électrique, la logique sportive voudrait que ce choix puisse ruisseler sur la TOTALITÉ des disciplines du vélo, soit la route, la piste ou encore, le BMX !
En effet, il n’existe aucune différence fondamentale entre une course de VTT, une course en ligne sur route ou encore sur piste avec une épreuve de Madison, de course aux points voir de poursuite.
Pourtant, l’utilisation de VAE pour ces disciplines n’est, à notre connaissance, absolument pas à l’ordre du jour. Pourquoi donc deux poids, deux mesures ?
L’appât du gain pour les constructeurs, bien entendu… Et, en tant que potentiels vieux « cons », cela nous chiffonne.

Une discipline imposée par les constructeurs ?
Cela paraît évident. Discutable, mais évident.
Si Pierre de Coubertin s’est déjà retourné plusieurs fois dans sa tombe depuis sa disparition, alors une fois de plus ou de moins ne changera pas la face du monde… Mais on a du mal.

Il y a peine 4 ans, le tandem et le kilomètre lancé ont été, sans autre forme de procès, éjectés de l’olympisme. Deux disciplines ultra-spectaculaires, explosives et populaires. Mais leur tare était incurable : elles n’ont jamais généré de profits suffisant dans l’industrie du cycle. Elles ont donc fini par se faire sortir du faisceau grossissant de la loupe olympique. Idem, par exemple, pour le Karaté. L’Olympisme a aussi sa propre vision des choses puisque, par exemple, le Rugby a disparu des jeux en 1924 alors que pour 2024, on découvrira le break dance ou encore le skateboard. On vous laisse méditer là-dessus…

Une tendance lourde
Côté Olympisme, on va donc découvrir le Breakdance. Mais pourquoi pas le Golf ou de Polo ? Les sports qui déboulent aux Jeux sont donc dans l’ère du temps : plus jeune, plus citadin (à part le surf). Mais la boxe ou l’haltérophilie ont plus que chaud aux fesses. Et on met un billet sur le MMA, ces combats de rue déguisés en discipline sportive, qui détrône doucement mais sûrement la boxe anglaise.
Mais surtout, à quand l’apparition des fléchettes à guidée laser, du canoé kayak à gouvernail ou, pour l’hiver, du saut à ski en wingsuit ?

En fait, avec ces championnats du monde de VTTAE, on vient d’ouvrir la boîte de Pandore car au-delà de la louable et compréhensible volonté des fédérations de présenter des disciplines qui s’ancrent dans le quotidien des pratiquants du monde entier, on fait fi de ce magnifique idéal qui voulait qu’un sport repose avant tout sur la capacité physique humaine à se surpasser de façon brute. Voilà pourquoi le sport automobile, les échecs, le Golf ou le saut d’obstacles, malgré des décennies voire des siècles d’existences, n’ont toujours pas l’aura du cyclisme, de la boxe, ou de l’athlétisme.
Mais les temps changent. Nous, nous vieillissons et des valeurs centenaires deviennent obsolètes.

RJ (Un « vieux con »)

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