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Wahoo : La nouvelle référence des compteurs GPS ?

Et si Wahoo était en train de déborder le leader mondial des GPS, empêtré qu’il est dans une technologie parfois complexe et clivante ?
Wahoo propose en effet des produits simples, efficaces et directement paramétrables via un Smartphone. L’avenir, à coup (presque) sûr… C’est l’un d’entre vous, Thomas, qui a pris le concept à bras-lecorps et vous en parle. Et ça marche !

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J’ai décidé, en juillet dernier, de me lancer dans l’achat d’un modèle GPS avec cartographie intégrée, « milieu de gamme », soit un budget entre 250 et 300 euros, ce qui est déjà une jolie somme.
Ayant déjà une montre Garmin 920XT (triathlète « oblige »), je me suis bien évidemment intéressé aux 520 et 820, modèles-phares de la gamme. La priorité étant le guidage routier,puisque je souhaitais créer des itinéraires sympas lors de mes visites familiales dans le Pays Basque et les Pyrénées, et éviter de me perdre bêtement. Ces modèles étaient tout indiqués. Seul problème, la volonté de sortir un peu de l’environnement Garmin, un peu trop « Apple » à mon goût : de plus en plus élitiste côté tarifs, des nouveaux produits en forme de simples mises à jour plutôt que de vrais nouveaux modèles, écosystème largement perfectible, etc…
Bref, je n’avais pas tellement envie de repartir sur la même marque, quitte à devoir gérer la plateforme de la montre d’un côté et cette du compteur de l’autre. Enfin, ça, c’était avant de m’intéresser à Strava et à Wahoo.
Je suis tombé sur un article du blog de triathlon québécois Trimes faisant un test rapide de l’Elemnt, le premier modèle de la marque. Après quelques recherches sur la gamme, on y trouve donc l’Elemnt (le gros balaise qui ressemble à un savon), l’Elemnt Bolt (taille u peu plus petite, mais mêmes fonctions) et l’Elemnt Mini. Je me suis lancé, et suis parti sur le Bolt, correspondant à mes critères et étant d’une taille raisonnable.
Première info déterminante : le compteur se paramètre uniquement avec votre Smartphone. Au début, on se dit « quelle drôle d’idée ». Puis à l’usage, on pense plutôt « quelle bonne idée ! ». C’est effectivement le cas: la liaison est très simple à réaliser, l’appli marche très bien et reste claire (RAS donc, ce qui n’est vraiment pas le cas de l’appli Garmin), et quasiment rien n’est à faire sur le compteur en dehors de « start » et « stop ».
Il faut quand même avouer qu’ils ont bien cerné leur clientèle, chez Wahoo: l’amateur de ce genre de gadgets/outils (rayez la mention inutile) aime la technologie, donc est très probablement équipé d’un Smartphone, même basique. Et cela suffit ! Pas besoin d’un téléphone dernier cri. Et il faut dire que l’appli n’a pas besoin d’être régulièrement ouverte, le compteur étant relativement autonome une fois paramétré. C’est bien simple, je l’ai paramétré une fois de fond en comble (écrans, emplacement
des données, paramétrage des LED, etc…) et après, je n’ai quasiment plus eu besoin de m’y pencher. Comme il peut également se connecter en WiFi, le transfert de la sortie se fait sitôt arrivé à la maison (ou via l’appli si vous n’êtes pas chez vous ou sans réseau WiFi) et peut se consulter sur l’appli Wahoo Fitness, ou mieux, sur Strava ; et ce, immédiatement.
Pourtant pas fan à la base de cette plateforme communautaire, plus par méfiance instinctive de Facebook qu’autre chose (même si je suis dessus…), je dois avouer qu’à l’usage, c’est vraiment un gros plus. Pas besoin d’avoir des contacts, le profil peut également rester privé si l’on ne souhaite pas que tout le monde sache par où vous allez rouler, et les fonctions d’analyse de « base », c’est-à-dire hors abonnement, sont très largement suffisantes. Bref, Strava, finalement, c’est cool et ça fonctionne
mieux que Garmin Connect… pas difficile, remarquez. En outre, la liaison est automatique une fois la liaison des comptes effectuée. Je me suis même mis à utiliser Strava pour mes sorties de course à pied avec la 920XT au lieu de Connect ! Bref, dans les faits, cela ne demande clairement pas plus de manipulations qu’avec un appareil Garmin (ou Polar, que possède mon frère), cela se fait juste, et plus simplement, sur le téléphone plutôt que via le PC.

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Et le compteur, dans tout ça ? Parce que c’est bien beau de faire la réclame, mais est-ce qu’il est bien ?

Un point sur l’aspect général : finitions de bonne facture, l’assemblage est précis, ne fait pas « cheap ». Du sérieux, donc. Le compteur « aéro » du Bolt fait également son petit effet !
La taille de l’écran est bonne, assez grande pour être parfaitement lisible, suffisamment petite pour ne pas avoir un machin énorme sur le cintre ; certains aiment, pas moi. L’écran n’est pas tactile, ce qui est un gros plus (ce n’est pas un téléphone, donc la réactivité de ce genre d’engins n’est jamais au rendez-vous), et les boutons sont facilement accessibles. Cet écran est proposé en noir et blanc MAIS avec un gros contraste et une bonne résolution. C’est effectivement moins flatteur qu’un écran couleurs lorsqu’on le montre aux copains, mais c’est aussi lisible – voire beaucoup plus, au soleil – et moins consommateur d’énergie.
La lecture des données est facilitée par un système de zoom, qui se gère avec les boutons « haut » et « bas » : en gros, on fait varier de un à une dizaine de champs les données disponibles en réduisant ou augmentant la taille des données. Hyper simple, intuitif et, du coup, pas de choix à faire
entre lisibilité et quantité de données. Bien vu !
La navigation, enfin : j’avais de grosses attentes sur ce point. C’est que je n’ai pas envie de me perdre, moi ! Enfin, me perdre, oui et non. Vous me répondrez qu’il y a toujours le téléphone, que l’on embarque maintenant systématiquement en cas de pépin. Simplement, comme beaucoup, je n’ai pas envie de le fixer sur mon cintre : trop gros, trop fragile, et le guidage est extrêmement gourmand en batterie (impossible de sortir 4 heures et revenir avec de la batterie).
La lisibilité de la carte est tout à fait satisfaisante, le niveau de détails est amplement suffisant pour ne pas se perdre, et le doute est rarement permis, même tout seul sur les petites routes du Pays Basque, à l’ombre de La Rhune ! Et c’est un avantage plus que sympa lors des descentes sinueuses, on peut anticiper les virages en épingles ET en aveugle. Pratique, quand on ne connaît pas la route… Ça évite de finir dans le fossé par excès de confiance !
La synchronisation des parcours est enfantine : on crée son parcours avec Strava (hyper simple et ludique), on lui donne un petit nom et on synchronise le tout. La liste est disponible dans le compteur, il n’y a plus qu’à aller rouler. A noter que le compteur est livré avec les cartographies prêtes à l’emploi, et sans surcoût.

La synchronisation des capteurs – qu’ils soient Bluetooth ou ANT+, peu importe – est également rapide, et permet d’avoir plusieurs paires de capteurs appairés en même temps (j’ai les capteurs Wahoo sur mon CLM et des capteurs Polar achetés en promo sur mon vélo de route, par exemple). Elle ne demande pas 3 heures de synchronisation avant la sortie : on met le compteur sur le cintre et en avant, c’est détecté instantanément en 10 secondes. Si l’on utilise le vélo sans capteur, le GPS
prend automatiquement le relais.
Enfin, un mot sur les LED et la batterie : les premières représentent une fonction sympa mais clairement anecdotique, elle n’y serait pas, ce serait pareil. J’imagine que c’est agréable lorsque l’on paramètre la puissance et que l’on veut garder une zone cible, mais ce n’est clairement pas une fonction déterminante. La batterie, en revanche, est bluffante ; les 15 heures annoncées y sont, c’est assez étonnant, et tellement agréable
et sécurisant, peu de chance de tomber en panne.

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Bon, il est parfait ce compteur, alors ??

Si l’on est honnête, pas encore. La création des entraînements est disponible depuis peu et propose de passer par une application tiers (je ne sais plus laquelle, Training Peaks, peut-être ? Je n’ai pas creusé la question…). C’est là que Garmin se démarque, pour le coup, car cette fonction assez bien faite chez eux, je l’utilise sur ma 920XT.
La navigation manque parfois un peu de souplesse. Si l’on se trompe de route, c’est demi-tour ! Le compteur ne recalcule pas d’itinéraire pour rattraper le parcours initial. Dommage. Cela dit, on se trompe finalement rarement ; cela arrive parfois à des endroits où la chaussée a été réaménagée récemment, du type un rond-point qui remplace un simple croisement. Pas vraiment de quoi fouetter un chat.
Il n’y a pas non plus de profil pour plusieurs vélos.
Est-ce vraiment un problème ? Bof…
Il y a également le fait de « devoir » utiliser des logiciels tiers pour tirer pleinement partie des données proposées par le compteur, plutôt qu’une
seule plateforme qui centraliserait tout. C’est vrai que cela peut paraître un peu contraignant. L’avantage, c’est que les plateformes (comme Strava et compagnie) qui sont proposées à l’utilisation en complément – ce n’est pas une obligation, je le rappelle – sont indépendantes, mises à jour plus souvent que les plateformes propriétaires type Garmin Connect ou Polar Flow, et surtout faites pour être les plus précises/pointues dans leur utilisation. C’est normal, après tout : ces plateformes n’ont qu’elles-mêmes à proposer, pas de montre ou accessoire pour générer des revenus. Elles se doivent donc d’être irréprochables.
Dans les faits, les liaisons sont tellement automatiques et rapides que l’on prend rapidement le réflexe d’aller sur Strava, c’est mon cas. Je n’utilise quasiment pas l’appli Wahoo pour l’analyse des données, car un peu trop limitée, surtout sur les segments et les exercices type Gimenez, etc… On sent que le compteur a été fait, dans le fond, pour être accompagné de ces plateformes déjà très populaires chez les cyclistes et les triathlètes. Du point de vue de la marque, ça se tient : pas besoin donc de proposer une plateforme ultra complète, puisque d’autres s’en chargent, et mieux de surcroît !
Le compteur a les défauts de ses qualités, finalement, et l’exhaustivité absolue a été reléguée au second plan au profit de la simplicité d’utilisation. Personnellement, cela me va.

Ergonomie et efficacité

L’efficacité et l’ergonomie avant tout, ce sont les maîtres-mots de la marque, semble-t-il. Forcément, la fiche technique ne dégouline pas de fonctions plus incroyables les unes que les autres, celles en général dont on ne se sert jamais. C’est un choix plus qu’un inconvénient, il faut simplement le savoir avant l’achat et déterminer précisément ce que l’on attend de son compteur.
Bref, et je conclurai par ça, Wahoo réussit pleinement son entrée sur le marché des compteurs GPS, actuellement dominé par Garmin (et dans une moindre mesure Polar), et parvient à proposer une alternative fiable et sérieuse à ces deux géants.

Wahoo Thomas

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Thomas, 28 ans, lecteur de l’AC depuis plus de 12 ans (merci Papa), triathlète de son état et amoureux du vélo. Heureux propriétaire d’un Specialized Venge, peinture custom faite par DecoBike (un artisan à découvrir…), équipé en Ultegra mécanique, Rotor QRing et Bora One 35, à boyaux, évidemment ; un bonheur ! Ainsi que d’un Scott Plasma 2 qui n’accuse pas le poids des années, en Shimano 105 mécanique, plateau Rotor QXL et roues artisanales GT 60-88 mm, moyeux DT Swiss 240s et à boyaux, bien sûr. Voilà pour le tour du bonhomme.