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Sarto

SARTO OU LES CLEFS DU PARADIS

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Non loin de Vicenza, la mythique cité de Campagnolo, l’atelier Sarto est le refuge d’une poignée d’illuminés ayant décidé de sublimer le carbone en réinventant au jour le jour toute la poésie baroque de l’acier. Les cadres et les vélos produits ici ne sont rien d’autres que de sublimes œuvres d’art élaborées à la demande pour quelques constructeurs premium ou quelques initiés. Choc esthétique garanti, 100% made in Italy. Romantico e barocco !

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Le Hasard, ce concept factuel honni des sudistes qui lui préfèrent le Destin, n’a définitivement rien à faire dans ce lieu d’apparence anodine. D’apparence seulement, car c’est ici à Mellaredo di Pianiga, dans cette officina surgie du néant post-industriel de l’antique Vénétie, que sont conçus et réalisés quelques-uns des plus beaux et des meilleurs cadres carbone du monde. Ces Sarto qui font notamment la fierté de Campagnolo que le service presse utilise régulièrement, depuis plusieurs années déjà, pour monter ses vélos de tests destinés aux journalistes internationaux. C’est d’ailleurs ainsi que nous les avons découverts avec surprise et bientôt enthousiasme.

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Antonio et Enrico Sarto, le père fondateur et le fils disciple rebelle.

Antonio Sarto et son fils Enrico n’avaient au départ pas d’autre volonté que celle de poursuivre leur quête émotionnelle et artisanale née des confins de l’acier et des prémices des nouveaux matériaux. L’alu et le titane d’abord. Puis le mystérieux et inquiétant carbone et sa litanie sombre de prophéties suprématistes visant ouvertement à dénaturer l’esprit et la manière, en alignant la démarche initiatique des pionniers légendaires de l’industrie du cycle sur les diktats paranormaux du marketing mondialiste. De rebelle à rebelle, le père et le fils ont décidé de dire non et d’engager leur atelier dans une démarche tenant plus de la joaillerie et de la F1 que de celle du productivisme asiatique.

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Campagnolo, inspirateur et partenaire.

Restait, bien évidemment, non seulement à maîtriser la matière mais aussi à lui restituer la flexibilité et le romantisme de l’acier. Pas évident, à l’heure où les grands constructeurs, ou plutôt les grands assembleurs ne raisonnent qu’à partir d’une unité frisant le milliard de dollars US. Et usent et abusent de la CAO et de l’ingénierie informatique. Avec, pour résultante première, une incroyable monotonie née de l’uniformisation des données techniques autour de théories conceptuelles élaborées le plus souvent par des ingénieurs ou des bureaux d’études n’ayant jamais eu le moindre contact avec une selle.

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Le montage de chaque vélo est effectué avec un soin méticuleux par des mécanos d’exception.

Rien de tout cela chez Sarto où le client, qu’il soit industriel, vélociste, champion ou cycliste ordinaire est directement pris en charge par Enrico pour engager le dialogue. Quelle utilisation, quel poids, quelle longévité, quelle géométrie, quel montage aussi ? Autant de questions qui viennent constituer le préambule à la commande.

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Enrico Sarto m’expose avec passion la réalité radicale du made in Sarto. Le mieux et le meilleur pour construire des cadres ultimes.

Chez Sarto, tout est possible en sur-mesure. Et rien qu’en sur-mesure. Avec, en plus, la possibilité de customiser, pardon, de personnaliser son cadre ou son vélo suivant un protocole spécial de design mis en œuvre avec l’artiste consultante, la surdouée Serena Riddle.

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La graphiste et plasticienne Serena Riddle montre à Enrico Sarto le résultat de son travail Custom sur le cadre d’un client canadien. L’art au service de l’extrême personnalisation.

Avec l’exemple passionnant de ce vélo commandé par une coureur Elite canadien. Graphisme épuré reprenant l’emblématique feuille d’érable et les couleurs du team québécois. Depuis le dessin du cadre jusqu’à la peinture, tout a été réalisé spécifiquement pour répondre aux attentes précises du client. Y compris le décor des périphériques et la réalisation,
également sur-mesure, d’une selle carbone multicouche maison.

Rien d’exceptionnel pour Sarto, puisqu’ici le sur-mesure est la règle absolue. Règle de plus en plus déclinée en version « custom » tant le travail de Serena est apprécié.

GRIMPEUR OU ROULEUR, SARTO SAIT FAIRE…
Au-delà du sur-mesure, avec en filigrane l’anecdote existentielle constituée par la traduction française de Sarto qui signifie « tailleur », il faut pouvoir répondre aux attentes complexes de pratiquants allant du grimpeur ultra léger au rouleur ultra puissant. Avec, donc, une gamme de propositions couvrant tous les domaines d’expression du sport cycliste. Le préambule étant la réalisation in situ chez Sarto des tubes carbone composant les différents cadres du catalogue.

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Dans le process de réalisation d’un cadre Sarto carbone, l’ébavurage des tubes est une étape essentielle.

Pour Enrico Sarto, qui a hérité cette exigence drastique de son père Antonio, chaque cadre doit être réalisé artisanalement avec des tubes singuliers fabriqués dans l’atelier même. Et aucune série de tubes carbone n’est uniforme. En fonction du type de cadre, de la géométrie et de la taille, les tubes sont eux aussi réalisés sur-mesure par des techniciens et des techniciennes aux doigts d’or. Pour avoir un jour visité un atelier de fabrication de F1, chez mes amis d’AGS, je retrouve ici la même expression ultime de savoir-faire.

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Détails du Fasciato, réalisé avec d’infinies précautions …

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Imprégnées de résine issue de la nanotechnologie, les couches de tissus carbone sont mises en forme dans un moule spécial mis au four autoclave. Tubes et fourches, mais aussi selles et accessoires sont réalisés de la même manière.

Lors de la mise en chantier du cadre, l’ouvrier-cadreur, pardon l’orfèvre, va pouvoir ainsi puiser dans les différentes séries de tubes afin de réaliser LE cadre spécifique commandé par LE client. Il place les différents tubes dans un marbre imposant, héritage émouvant des temps héroïques de l’acier, avec une précision de l’ordre du dixième de millimètre. Une fois pointés à la colle carbone, les tubes constituent déjà les prémices du futur cadre. Ils vont maintenant être reliés définitivement, suivant le système de la fasciatura. C’est à dire par des bandes de carbone constituant le lien final qui sera ensuite longuement, très longuement poncé par d’autres mains expertes.

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Préparation d’une base arrière

Viendra ensuite le temps de la finition, puis de la peinture et, à la demande, du décor version « custom » pour une personnalisation échappant aux contraintes de l’uniformité marketing.

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Plusieurs étapes de la réalisation d’une selle carbone Sarto sur mesure.

Plusieurs propositions de types de cadres attendent l’amateur. Depuis le Dinamica, très prisé des teams de coureurs pour sa rigidité et sa fourche Deda droite agressive et nerveuse, il est annoncé pour environ 1 kilo. Jusqu’au Seta, le roi de la gamme avec ses 750 grammes de carbone haut-module et sa fourche Columbus légèrement cintrée. Le vélo de montagne n’est pas oublié avec l’Asola, réalisé en tubes ronds classiques,
qui pointe à tout juste 700 grammes, lui aussi avec fourche cintrée Columbus. Sans oublier le spectaculaire et sublime Lampo, un vélo «aéro» paradoxalement polyvalent, avec sa fourche droite striée largissime et son freinage Direct Mount ou à disques. Moins de 950 grammes pour la bête, elle aussi réalisée entièrement sur-mesure, et seulement sur-mesure ! A noter l’arrivée récente d’une proposition Gravel, le TA, avec une fourche spéciale permettant le passage de pneumatiques de… 42.

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Lustrage final…

Sarto, une démonstration lumineuse et glorieuse, dont le point culminant
serait sans doute cette étonnante phrase de Victor Hugo que le père et le
fils considèrent comme leur mot d’ordre : « L’avenir, c’est la porte, le passé en est la clé. »

Tarifs Sarto sur mesure :
Kit Cadre Lampo : 3930 euros +TVA
Kit cadre Seta : 4120 euros + TVA
Kit cadre Asola : 3930 euros + TVA
Kit cadre Gravel TA : 3830 euros + TVA
Renseignements : http://www.sartoantonio.com