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Rapha 2017 : My Taylor is Smart !

Rapha 2017 : My Taylor is Smart !

La marque Rapha est née en 2004. Nous les avions rencontrés chez eux, à Londres, en 2012. Ils étaient encore en phase de décollage. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la fusée n’a pas raté son but !

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Le challenge était énorme, lancer une marque de fringues typiquement anglaise, avec tout ce que cela comprend : style atypique, classe, un brin déjanté, des couleurs à faire avoir un AVC à un daltonien et des tarifs de haut de gamme. Face aux cadors du secteur : Assos, Castelli et Santini. Et pourtant, cette société, dont le fondateur est plus que jamais aux commandes, a réussi son pari. Rapha est devenue synonyme de cyclistes branchés et grignote les parts de marché chez le cycliste « compétiteur ».

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Mais, en fin stratège, Simon, le boss, ne s’est pas arrêté en si bon chemin : là où Assos créait une timide gamme dite « dopo bici », comprenez après le vélo, Rapha présente une collection complète de sportwear, sans jamais oublier la technique et son style décalé. Et ça marche ! Jeans denim élastiques à ourlet fluo, chemises à boutons rose fluo, manchettes surpiquées en couleur, tels les passepoils des plus beaux intérieurs cuirs de voitures anciennes, ou encore polos d’hiver doublés de panneau avant « Windstopper® » et dos en maille aérée. On en passe et des meilleures…

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Kati Jagger, Public Relations, représente le second souffle de Rapha : jeune et dynamique
Kati Jagger, Public Relations, représente le second souffle de Rapha :
jeune et dynamique
Si Rapha fait fabriquer à l’étranger, les prototypes sont élaborés ici, à Londres
Si Rapha fait fabriquer à l’étranger, les prototypes sont élaborés ici, à
Londres
Matthaus s’occupe des vélos de tout le personnel : petites réparations et réglages at home !
Matthaus s’occupe des vélos de tout le personnel : petites réparations et
réglages at home !

MAGASINS TRIÉS SUR LE VOLET…
ET INTERNET

Là encore, Simon a tout compris : pourquoi opposer le offline et le online ? Chez Rapha, les deux se côtoient. Ça dépend où et comment, c’est tout. Avoir du Rapha dans son magasin en devient presque un honneur. Donc un sacré plus. Tout le monde n’achetant pas sur Internet. A fortiori des vêtements, et encore plus si l’on a cinquante ans passés. Reste qu’aujourd’hui, 75% du chiffre d’affaires de la marque se fait sur leur site. Pas de mystère.

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La fabrication est cependant overseas : Japon et Asie, globalement. Mais tous les designers, les créatifs, les créateurs de la mode de demain à et hors vélo sont basés ici, of course. Qui d’autre qu’un British pour oser de tels mariages de couleurs et de formes ? Deux ans avant la sortie des nouveaux modèles, c’est ici que l’on fait les collections de demain. Pour cela, il faut du talent, du feeling et de l’argent. Grâce à sa stratégie, Rapha a tout cela. C’est pourquoi la société a déménagé. Si l’on ne pouvait faire plus branché que leur ancienne adresse, la même que le très classieux magazine Rouleur, dans un décor digne de Jack l’éventreur, la voilà dorénavant basée à Imperial Works, entre l’illustre quartier de Camden, à l’Ouest, et Barnsbury, à l’Est. Et cela paraît déjà trop petit. 190 employés se serrent les coudes sur place pour un total d’environ 400 !

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RESPECT …

La réussite de Rapha découle d’une savante alchimie : la qualité, le style, la nouveauté et une communication hors normes. Entre rassemblements, mise en avant des filles, événements ou bars dédiés à la marque, Rapha a aussi créé une tribu, au-delà de ceux qui aiment le beau, un véritable état esprit, celui d’une approche classieuse du cyclisme. Bien aidé par Paul Smith, peut-être le plus grand couturier anglais de ces vingt dernières années, et par une ville plate comme une limande, Londres, le look Rapha a surfé sur la vague.

Le tour était joué. Le coup de bordure parfait ! Personne n’a pu prendre la roue de Simon et, maintenant, tout le monde a les grosses cuisses ! Bon courage, messieurs…

190 TESTEURS ET UN BOSS

Ici, il est fortement conseillé de venir à vélo au bureau. N’importe lequel, mais à vélo. Le garage à vélos est d’ailleurs carrément dans le hall d’accueil. Les crochets sont numérotés et Matthaus, le Polonais de la bande, est là pour réparer les vélos des employés. Gratuitement.

Simon, le boss, est un gros rouleur. Et il a l’oeil. Ici, le matin, dans le smog automnal londonien ou dans la touffeur de l’été, il est vivement recommandé d’arriver suant ou trempé. Ça fait partie des valeurs de l’entreprise. Les douches et les casiers personnels sont là pour faire de ces cyclistes Rapha des dandys british en un rien de temps…

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Richard Jamin est le président-fondateur et le directeur de publication du magazine L'Acheteur Cycliste. C'est lui , il y a 13 ans, qui à eu l'idée et le courage de créer le premier magazine d'achat du vélo de route. C'est un véritable passionné du vélo de course, il possède aussi un sacré caractère.