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Pinarello GAN RS : L'égal de son grand frère
Venasque, Alex torture son Pinarello GAN RS. La bête répond de belle manière

Pinarello GAN RS : L’égal de son grand frère

Quand on parle de Pinarello à L’Acheteur Cycliste, c’est plus généralement pour évoquer le Dogma F8, grand frère du GAN RS. Et pourtant, ce GAN RS ne démérite pas, pour preuve, il reprend même la ligne du F8. Un test grandeur nature nous en dira plus…

 

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Ce GAN RS a vraiment belle allure. Il ressemble énormément à son grand frère, le Dogma F8. Dans cette couleur, il est un peu… tape à l’œil !

PINARELLO GAN RS 2017

Au premier contact, le Gan RS ressemble au Dogma F8. Puis on se rend compte que la fibre de carbone utilisée n’est pas la même. De la Torayca pour le F8, de la « plus simple » T900 pour le Gan RS.
Techniquement, le Gan RS est assez évolué. Premièrement par son aérodynamisme et ses lignes qui descendent directement du Dogma F8, référence en la matière. On remarquera la fourche Onda et la douille de direction à museau taillé à la serpe. Ensuite son arrière asymétrique. Regardez, bien que ce ne soit pas évident au premier coup d’oeil, vous remarquerez que les bases sont inversées. Gros diamètre au niveau du boîtier de pédalier et diamètre plus fin aux pattes pour la base gauche. Exactement le contraire pour la base droite. Ceci pour garantir le « comportement typique » d’un Pinarello, dixit la firme de Trévise. Pinarello annonce aussi un cadre moins extrême, moins dur que le F8. Comprenez par cela que le Gan RS sera certainement plus facile à utiliser mais pas forcément moins performant.
Le boîtier de pédalier reste fidèle à l’esprit de la marque, en pas fileté italien. Un filetage sur un insert aluminium, collé. À l’ancienne. Côté direction, c’est du gros, avec un roulement de 1 pouce 1/2 en bas et du plus traditionnel 1 pouce 1/8 en haut.
On apprécie le système de serrage de la tige de selle, complètement intégré sur le tube supérieur, et l’intégration des câbles, bien réalisée. Aucun doute, c’est une machine italienne, la finition est parfaite. Le nombre de tailles interpelle : avec pas moins de quatorze et deux types de géométries, Pinarello frappe fort ! Il sera donc aisé de trouver un Gan RS à sa taille.

Un arrière asymétrique, typique des Pinarello

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La tige de selle assortie à la couleur du cadre est de belle facture. En plus, son réglage est aisé. La fourche Onda est très impressionnante. Elle garantit la rigidité et la stabilité exceptionnelle de ce vélo
Le boîtier de pédalier reste fidèle au filetage italien, à l’ancienne. Niveau fiabilité, on ne fait pas mieux.
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Poste de pilotage MOST, l’équipementier maison

DU CLASSIQUE, AUCUNE PRISE DE RISQUES

Un Pinarello de qualité à 4500 euros ? Ça existe. Bien que le cadre soit prometteur, il ne faudra pas s’attendre à des miracles du côté des équipements. On retrouve quand même un groupe Shimano Ultegra au complet. Groupe qui, s’il n’a aucune prétention quant à l’embellissement du vélo, fait bien son travail. Précision du changement de vitesses et ergonomie. La fiabilité du groupe se révèle, au passage, tout à fait satisfaisante. Mais quand même, c’est un Pinarello… Enfin bon.
Du côté des composants, on est bien servi. Un cintre et une potence Most, la marque de composants maison. Une très jolie potence en aluminium recouverte de carbone qui adopte la forme de la douille de direction. Résultat, une belle intégration qui fait un chouette effet. Le cintre Most, de forme compacte, se révèle sans critique.
La tige de selle s’accorde parfaitement à la couleur du cadre, on reconnaît là le travail de finition de Pinarello. Facile à régler, elle est simplement parfaite. Reste la selle Fi’zi:k Arione qui conviendra à certains mais pas à d’autres, comme on commence à le savoir… point à discuter avec votre détaillant.
On termine l’équipement de ce Pinarello avec le train roulant. Des roues Fulcrum Racing 5 LG. Pas du très haut de gamme, mais c’est du costaud et rigide. Il est clair que ce sera le premier point à faire évoluer sur ce vélo si vous cherchez plus de performance. En clair, de belles roues d’entraînement ! Même chose sur les pneus Vittoria Zaffiro Pro. Montez des Corsa pour les beaux jours, vous sentirez la différence !
Et n’oubliez pas les chambres à air…

QUELLE SURPRISE !

Autant vous l’avouer, je partais avec un léger a priori sur ce Pinarello. Au vu du train roulant, je pensais que le comportement allait être «pataud» et pas franchement performant. C’est finalement tout le contraire… Les premières sensations sont très bonnes.

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Vue sur le poste de pilotage. Notez l’intégration parfaite de la potence avec la douille de direction

L’ergonomie du poste de pilotage est simplement parfaite. Les poignées tombent bien dans les mains et il m’est aisé de mettre les mains en bas du cintre qui est plutôt long.
Je sens tout de suite que l’ensemble du vélo est plutôt rigide et remonte les informations de la chaussée. Un vélo très direct. On sait vraiment ce qu’il se passe sous les roues.
Malgré un léger embonpoint sur la balance, une fois en selle, les sensations laissent penser qu’on roule sur une machine très légère. C’est grisant. Même chose pour les larges pneus de 25 mm qui se font oublier. Je suis gonflé à 8 bars.
Début de la côte de la Roque-sur-Pernes sur le grand plateau. Je suis habitué à passer avec un 53 dents mais avec nombre de vélos peu performants, un 50 est déjà de trop. Ici, ça passe sans problème avec un 52, sans croiser exagérément la chaîne. L’arrière du vélo tracte à merveille et ça se ressent. En danseuse, j’ai l’impression de creuser un sillon dans la route, tandis qu’assis, l’avant du vélo se soulève. Les roues suivent la cadence et sont surprenantes. Dans le replat, je réduis mon effort et revient à une allure plus conventionnelle. Le vélo est facile. En cadence ou avec un grand braquet, il ne me plante pas et je ne me sens pas buter contre. J’en remets une couche au sommet. Par pur plaisir…
Avant d’attaquer la descente vers le village de La Roque, un passage sur deux dos d’âne confirme ma première impression. Le vélo retranscrit chaque centimètre de l’asphalte. Le ressenti est grand, mais la machine jamais inconfortable. Un poil sèche, c’est tout. Et toujours cette relative aisance : on pédale, le vélo avance, sans temps mort, sans la moindre inertie. Je n’avais plus ressenti ça sur un vélo monté avec des roues aluminium depuis bien longtemps !

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Virage, tout à droite côté cassette et plateau, j’entame la descente. Gros freinage, épingle et je relance « à bloc ». Grand sentiment de sécurité dans la courbe en dévers que je passe à pleine vitesse (environ 53 km/h). Le reste de la descente se fait à haute vitesse, car je suis dans un faux-plat avec de grandes lignes droites.
Je joue avec la machine. Que ce soit pour passer de petites épingles après un gros freinage ou enchaîner des courbes à haute vitesse, le Gan RS se montre à la hauteur. Réactif et vif dans les changements de trajectoires, sécurisant et stable à haute vitesse.
Le replat de retour vers Saint Didier ne fait pas de cadeau. Il part d’un pourcentage assez faible et oblige souvent à tomber le grand plateau vers le sommet. Si bien que j’ai pris pour habitude d’adopter une allure en bas, que j’essaie de conserver jusqu’en haut. Les meilleurs vélos y parviennent sans trop de problèmes. Seul le vent peut changer la donne. Aujourd’hui, il n’y en a pas, et le Gan RS n’a pas faibli.
Une bonne cadence de pédalage et rien ne semble pouvoir arrêter le vélo. Allez, avec des roues plus aérodynamiques, vous iriez encore plus vite !
Je rentre dans le village, la route défoncée est bien là. Pas le plus confortable, mais rien de dramatique. Je constate qu’en augmentant l’allure, c’est bien mieux. On «survole» les aspérités. Encore faut-il avoir les watts !
Dans le raidillon final, le Pinarello démontre encore son aisance naturelle. Trois coups de pédales pour lancer le vélo, deux autres coups pour maintenir l’allure, et c’est passé.
Formidable !
Presque un F8 !
Clairement, le Gan RS est une superbe machine !
J’ai été enthousiasmé par ce vélo. Moi qui pensais que Pinarello sacrifiait sur l’hôtel du marketing la performance de ses vélos de milieu de gamme, je suis agréablement surpris. Alors, même si l’équipement de notre Gan RS n’est pas folichon, il s’agit indéniablement d’un cadre de très grande qualité. En clair, exactement ce que l’on attend d’une maison comme Pinarello. Pour faire simple, ce Gan RS a tout du Dogma F8, avec un poil moins de confort et de facilité.
Tout bon, messieurs…

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LA SYNTHÈSE DE L’ACHETEUR CYCLISTE
(cliquez sur les liens ci-dessous pour consulter les tests des autres vélos concernés par cette synthèse)

ORIGINE AXXOME RS2

L’EMBARRAS DU CHOIX !

VOUS AVEZ UN PEU PLUS DE 4500 EUROS À METTRE DANS L’ACHAT D’UN VÉLO ? ÇA COMMENCE À ÊTRE UNE BELLE SOMME ! POUR CERTAINS, PLUSIEURS MOIS DE SALAIRE.

On constate que les différences entre une machine à 200 euros et une machine à 5000 euros sont plus grandes qu’entre une machine à 5000 et une autre à 7500 euros. Donc, clairement, et nos deux essais de ce mois de novembre le montrent, dans notre budget fixé entre 4500 et 5000 euros, vous avez finalement l’embarras du choix et toutes les chances de trouver un vélo très performant, léger et fiable.
De prime abord, on aurait pu penser que le Pinarello se contentait d’apposer un bel autocollant sur un cadre en carbone reprenant les lignes du grand Dogma, mais sans forcément offrir un comportement à la hauteur. Tout faux ! C’est réellement un formidable vélo capable de vous emmener sur n’importe quel parcours et dans toutes les situations. Il acceptera tous les types
de cyclistes, que vous soyez lourd ou léger. Il ne craint ni les bosses, ni le plat, et son montage, bien que manquant un peu de panache, est de belle qualité. Rien n’est à jeter, et il sera possible de le faire évoluer en améliorant la paire de roues. Un coup de coeur et une belle maîtrise de la firme italienne !
De l’autre côté de la frontière, chez Origine, on bénéficie pour le même tarif d’un montage mieux « léché » et de roues en carbone (les meilleures du marché à pneus), le tout sur un cadre très haut de gamme.
Niveau rapport qualité-prix-montage-efficacité, notre Origine RS2 est imbattable. Un comportement exceptionnel (encore meilleur que le Pinarello), une réelle facilité d’usage dans un très bon confort. Il n’y a rien à jeter sur ce vélo, rien à améliorer, tout est parfait. Un dernier signe que le montage à la carte n’a pas dit son dernier mot…