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Trek Domane SL5

Trek Domane SL5 Richard

Trek Domane SL5

Trek Domane SL5

Le nouveau Domane SL 5 annonce clairement la couleur : toujours doté de son système « découpleur » IsoSpeed au niveau du croisillon du cadre, voilà que le système s’invite aussi à l’avant : situé en haut du jeu de direction, il est intégré dans une cuvette oscillante qui permet au pivot de bouger légèrement. Pas en latéral, bien sûr. Si vous avez un jour roulé sur de vrais pavés, vous savez que c’est devant que l’on souffre le plus. Voilà pourquoi Trek a décidé d’installer son IsoSpeed également à ce niveau.

Il en résulte que ce vélo a une utilisation très spécifique, au moins en termes d’efficacité maximale, car un peu comme le Specialized Roubaix Comp, on peut presque parler de vélo « tout suspendu » !

Un cadre technique, donc, superbement réalisé, avec des tubes très travaillés et forts disparates. La poutre principale, très large, impressionne, le tube supérieur est lui aussi assez plat, alors que le tube de selle, type Maximus à la Canyon, est large, rectangulaire côté boîte, et rond en 27,2 mm côté selle !

Trek Domane SL5 Boitier

Comme d’habitude, la tige de selle est intégrée avec un mât carbone et une mini tige qui s’enfile dessus. Quant au triangle arrière, il est « moderne », avec des larges bases et des haubans qui paraissent tout aussi costauds ! Cela impressionne un peu au coup d’oeil, et l’on se demande si le vélo ne va pas être trop difficile à faire décoller !

Pour finir avec ce cadre, il dispose d’une géométrie « Endurance », donc courte, et offre sept tailles (bien vu !).Très court, le 60 cm fait, par exemple, moins de 58 cm de long, avec des bases de 420 mm, longues donc, et des douilles de direction ultra hautes, jusqu’à 24 cm, qui font de ce vélo une machine absolument « soft », toutes tailles confondues. Une position vraiment confort, haute, presque assise.

Trek Domane SL5 Cadre

Un équipement classique, qualitatif et sûr

De ce côté, Trek a fait simple : tout en Shimano 105, pédalier compact en 34×25 et cassette montagne de 32 dents ! Histoire de grimper aux arbres.

Les étriers sont de type « Direct Mount ». Très bien. Encore plus en 105 car, par définition, le « Direct Mount », donc la fixation des étriers sur deux axes directement dans le cadre, apporte puissance et auto-centrage. Ce que les « petits » étriers ont plus de mal à faire que les modèles de haut de gamme ! Ca freine donc fort et droit.

Trek Domane SL5 Tige de selle

A l’avant, le poste de pilotage est en Bontrager, bien sûr, entièrement en aluminium et compact. Rien à dire.

Derrière, l’assise est constituée du mât carbone intégré au cadre et de la mini tige qui coulisse sur le Mat : simple, facile à manipuler, mais avec douceur, sinon on raye le tube et ce serait dommage. Côté chariot, c’est un système monovis (on adore)… à deux vis (on adore moins) ! Une première ! En fait, outre la vis générale longitudinale, qui gère l’assiette, une autre vis vient serrer les rails. Plus compliqué, mais toujours efficace.

Trek Domane SL5 Transmission

Sur la route : Sur les pavés, plutôt !

Bon, ce n’est pas simple de juger un tel vélo sur un parcours classique ! Et les pavés, ici en Provence, ce n’est pas Roubaix ni l’Arenberg ! Mais au moins, on a pu vérifier ce que valait ce vélo sur routes « normales », sachant que même dans le Nord, il y a plus de routes normales que de pavés. Premier feeling, le vélo semble plus léger qu’il n’est. Avec ma taille 60, cela fait pourtant un bon encombrement. Il suffit de voir la douille !

On a pu aussi gonfler les pneus de 700×25 jusqu’à 8 bars. Très bien ! Il roule donc sur le plat et en très léger faux-plat comme un vélo classique, sans « suspension ». D’ailleurs, on ne les sent absolument pas. C’était un peu ma crainte, de me retrouver sur un vélo « mou ». Rien de cela.

Trek Domane SL5 Moyeux arriere

Arrivé au pied de la Roque-sur-Pernes, j’attaque l’ascension en confiance. D’ailleurs, le Domane me conforte dans cette idée puisque jusqu’à la montée du cimetière, je suis en 34×25 et ça passe. Arrivé aux 10-11% de dénivelé, je passe le 28, et j’ai encore le 32 en réserve. Je n’en aurai jamais besoin, car ce vélo est très, très « coupleux », comprenez qu’il supporte étonnamment bien les gros braquets. Ce n’est cependant pas un
grimpeur ! Mais on monte assez facilement, sans douleur aux cuisses mais… doucement. Car voilà, dans le sens noble du terme, le Domane SL 5 est typiquement un vélo pour cyclotouristes. Du moins lorsque l’on n’est pas sur des pavés. Du coup, ne pensez pas à accélérer subitement, ce n’est pas du tout son truc. Lui, il voit loin. Et c’est bien connu, qui veut aller loin…

Je n’ai aucun recul sur ses roues. Difficile donc de séparer le comportement des roues de celui du vélo complet. Mais apparemment, elles font le minimum : assez pour ne pas planter le Domane grâce à leurs nombreux et larges rayons, et suffisamment confortables grâce à leurs pneus de 25 ; mais leur poids ne les avantage évidemment pas dans les bosses au-dessus des 9-10%. Ceci dit, sur le plat et faux-plat, elles passent tout à fait correctement. Un ensemble limité, mais correct.

Je finirai la Roque sur le grand plateau quand même (50 dents), et 28 derrière. Sans souffrir. Et c’est sûrement la plus grosse qualité de ce vélo : il ne fait pas mal !

Trek Domane SL5 Douille

Dans la descente, c’est la fête : la position cool, la grande douille, bien costaude en fait, et les pneus de 25, c’est parfait !

En revanche, le faux-plat du retour me fera toucher les limites du Trek dans cet exercice, par ailleurs si courant lors de longues sorties : on n’avance pas ! Pourtant, avec son couple, je pensais que cela allait mieux passer. Plus vite, s’entend. Non, non. Le Trek a un rythme, et le brusquer est inutile et fatigant.

J’arrive alors vers la partie la plus « défoncée » du parcours. Histoire de faire fonctionner les deux IsoSpeed dont je n’ai toujours pas senti la présence : j’en serai pour mes frais. Les découpleurs font parfaitement bien leur boulot car on ne les sent pas. Mais le confort est bien là.

Pour finir, le raidillon ! Exercice qui tutoie l’antéchrist pour le Domane SL 5 ! Vraiment, il n’a rien à gagner à être subitement brutalisé: on a l’impression de faire du tracto-pulling ! Plus on appuie, plus le Trek semble s’enfoncer dans le bitume ! Bref, on oublie ça.

Ce sera une sacrée surprise de découvrir un temps de 34 minutes. Je pensais vraiment avoir fait plus de… 35 ! Une belle performance pour un vélo qui vise avant tout le confort sur routes (très) abimées.

Confort et… une pointe d’efficacité globale !

Côté « chrono », nous sommes donc loin de l’exceptionnel Cube de « compet’ » de ce mois-ci ! Mais, pour le coup, là n’est pas le sujet. Ces deux machines sont totalement opposées dans leur philosophie. En revanche, dans leur catégorie, ce sont très certainement les deux meilleures !

La question est donc : « compet’ » ou pavés au long cours ?

Trek Domane SL5 Fiche technique

Renseignements : www.trekbikes.com/fr/fr_FR/

Cube Attain GTC Pro

Cube Attain GTC Pro Richard

Cube Attain GTC Pro : LA MARQUE QUI MONTE, ET UN VÉLO QUI « ENVOIE » !

Plutôt rares, les vélos Cube sont pourtant à chaque fois au niveau. Tout comme leur équipe ‘’pro’’ Wanty-Gobert, encore invitée sur le tour pour 2018. Mais jusqu’à ce jour, nous n’avions testé que des modèles de haut de gamme. Avec l’Attain, nous voilà face à un « petit » vélo prometteur. Du moins, c’est ce que l’on nous en a dit. Et vous allez voir qu’on était largement en-dessous de la vérité…

Cube Attain GTC Pro Arriere

Joli au coup d’oeil, plutôt moderne, le Cube Attain est un vélo peu courant dans nos contrées. Un cadre carbone sans pédigrée, mais une géométrie « confort » avec des douilles hautes, un bon gros sloping, des tubes à fortes différences de section et une fine fourche, droite et raide comme la justice,
sont ses caractéristiques de bases !

Techniquement, peu d’informations à son sujet, si ce n’est que l’on détecte des haubans fins qui jouent le confort (Flexstay) et une grosse poutre transversale pour supporter et servir de support principal à ce vélo. Cube a donc joué, comme sur un Cervélo, sur des sections vraiment différentes pour atteindre son but : confort et rendement. Nous verrons que la marque ne s’est pas trompée…

Cube Attain GTC Pro Boitier

Les câbles sont intégrés et la finition sans critique particulière. Six tailles, du confort, et un avant «haut» s’arrangent pour couvrir tout le monde en termes de tailles. Pour la géométrie, au moins les valeurs, rien d’annoncé : on est bien sur un vélo d’entrée de gamme… mais soigné. Fort ce constat, il faudra donc être attentif à la taille du vélo proposé, c’est-à-dire pas trop grand, sinon vous allez vous retrouver avec un «camion», vues les hauteurs de douilles.
Donc position confort, oui, facteur hollandais, non !

Côté équipement, difficile de faire plus simple… mais aussi plus sûr et fiable : tout le groupe est en Shimano 105, de A à Z. Parfait. Les roues sont les célébrissimes Mavic Aksium Race, dont le succès en première monte ne se dément pas depuis des années, chaussées en Conti Grand Sport de 700×25. Que du connu et reconnu. Bien. Ceci dit, les Continental nous inquiètent quand même un peu côté rendement, à suivre.

Cube Attain GTC Pro Chariot selle

Restent les composants de position : du basique de chez Cube, mais ergonomique. Une potence réversible classique, un cintre compact et une tige de selle dotée d’un chariot facilement réglable, à double vis longitudinale oblique : pratique ! Quant à la selle, elle vient aussi de chez Cube, apparemment, et ce sera sûrement le seul composant qui pose question et mérite un examen attentif avant d’acheter…

Au bout du compte, excepté le détail de la selle, voilà un « petit Cube » superbement équipé qui devrait durer des années et des années.

Cube Attain GTC Pro Poste de pilotage

Sur la route : le choc !

Allez, on ne va pas tourner autour du pot : c’est très certainement le meilleur vélo de moins de 1800 euros que ayons essayé. Jusqu’à présent, c’était Canyon et B’Twin qui détenaient la palme. Mais là…

C’est bien simple, immédiatement après être sorti de Saint Didier, je me suis donc retrouvé dans la Roque-sur-Pernes. Presque arrivé au cimetière, après avoir changé deux ou trois fois de vitesses, je me dis qu’il faudrait que j’en monte encore une pour pouvoir mouliner juste comme il le faut. Mais ça bloque. Je regarde mon dérailleur et constate que je suis encore sur le grand plateau ! Jamais vu ça ! A partir de là, j’ai compris qu’il se passait quelque chose avec ce vélo.

Dans la côte, je n’ai absolument jamais eu mal aux cuisses. Alors bien sûr, avec un 30 dents derrière (32 d’origine !), et 34 devant, cela aide. Mais ça n’explique pas tout… surtout que je n’ai quasi jamais mis le 30 ! Et surtout pas le temps réalisé. Car voilà : 32 minutes et 43 secondes, c’est mieux que le temps des trois vélos Expert. Mais aussi de trois des quatre vélos Elite !

Toute l’ascension s’est faite au rythme, avec une bonne cadence et en souplesse. J’ai souvent descendu une ou deux dents, notamment dans la partie intermédiaire de la côte. Dans le « mur », je me suis mis en danseuse, pour enfin aller chercher la « limite » de l’Attain ! J’aurais pu facilement aller plus vite. Incroyable. Voilà qui démontre aussi, au passage, ce que j’avais déjà ressenti sans vraiment oser être catégorique : les Mavic Aksium vont magnifiquement avec certains vélos mais pas du tout avec d’autres. Par exemple, elles ont « tué » le Cervélo, mais se sont merveilleusement adaptées à notre Cube. Pourquoi ? Probablement pour une histoire de rigidité. Les Aksium sont costaudes, on le sait : avec un vélo un peu trop tolérant, elles le tordent !

Cube Attain GTC Pro Douille

Dans la seconde partie de la Roque, je passe logiquement sur le grand plateau (50 dents), là encore en douceur. C’est vraiment très étonnant. L’Attain avance littéralement comme un « grand » vélo de course et sans effort. Ou presque !

Mais il reste un vélo de 1800 euros et a des limites. Sauf que ces limites n’apparaissent que dans des cas très précis : quand on va vite ! Dans la descente, en son milieu, où se trouve une mini relance, j’ai clairement ressenti qu’il fallait monter une ou deux vitesses, donc passer du 11 au 13 dents pour maintenir le rythme et ne pas s’exploser les cuisses !

Je constaterai le même comportement dans le faux-plat de retour. Lorsque l’Attain dépasse les 30 km/h, sur le grand plateau, il perd de sa superbe et il faut cravacher pour maintenir la vitesse.

Enfin, le dernier raidillon validera encore ce comportement : vitesse et gros braquet ne font pas bon ménage avec le Cube. Mais en termes de rapidité et de temps, c’est beaucoup dans la côte que cela se joue et, dans ce secteur, ce petit vélo est souverain !

Cube Attain GTC Pro Cadre

La révélation !

Le Cube Attain est un vélo tout simplement exceptionnel. Bien sûr, on peut estimer que ce jour-là, en fin d’après-midi, par 7°C, j’étais, pour mille raisons, très en forme. Ca se défend. Mais dans tous les cas, pas à hauteur de deux minutes de mieux qu’avec un autre vélo ! La vérité est sûrement entre une géométrie pile-poil adaptée et un vélo très réussi.

Dans tous les cas, le Cube Attain est un modèle que vous pourrez achetez les yeux fermés. Et à ce prix, c’est extrêmement rare.

Messieurs de Cube, acceptez humblement toutes nos félicitations.

Cube Attain GTC Pro Fiche technique

Renseignements : www.cubebikes.fr

Cyclisme Pro : LE DÉCLIN ?

Team SKY 2018

Cyclisme Pro : LE DÉCLIN ?

Cette fois-ci, le signal d’alarme est tiré…
Suite au courrier de l’un d’entre vous, Francis, notre Furax national, nous avons eu envie de continuer sur sa lancée en posant la question suivante : où va le cyclisme « pro » ? Après un Tour 2018 misérable, il faudrait en effet tout remettre sur la table.

Froome et Geraint Thomas : Quand le Tour se «deal» ?

C’est au détour de ce coup de gueule de Francis que nous avons rebondi sur le spectacle du Tour de cet été. Vous avez été nombreux à jeter l’éponge devant votre petit écran pour cause de non-intérêt. Coureurs trop dopés ou trop brimés, on ne sait plus… Alors à vous la parole, à nous la conclusion.

Salut le Provençal !

Y a encore un truc que j’avais envie de t’écrire, à défaut de pouvoir le braire dans les oreilles de tes confrères journalistes sportifs. Voilà le cri : « Bandes de gros nazes ! Est-ce que vous ne pourriez pas un peu lâcher la grappe au vélo ? Vous commencez à être lourdingues et à nous les briser menu avec le dopage ! »
Froome – Ventoline – moteur… La première grosse « bouffaïsse » de l’été, comme dit Mado la Niçoise, me prend pendant le Tour en regardant Laurent Luyat. Il invite notre cher Président de l’UCI, David Lappartient, pour blablater de l’affaire Froome. Ledit Président bien mis, coiffé comme un 2Be3, vient ne rien dire sur ce « non-événement», cette boule puante que lui, l’UCI et l’AMA (agence mondiale anti-dopage) ont soigneusement
dissimulée, qu’une certaine presse a fait fabriquer à bon compte par des journalistes opportunistes, paresseux, inconséquents et incompétents à la solde de groupes de presse cupides.
Ce jour là, Lappartient ne dit rien, donc. Nada. Il parle comme un président de parti politique, mais on ne saura jamais clairement de sa bouche ce que l’AMA lui a dit et ce qui l’a motivé à laisser courir Froome !
Donc, à ce moment-là, on a mis l’huile dans la friteuse et on cherche les allumettes pour y mettre le feu !
Le lendemain, qui retrouve-t’on après l’étape ? Le blaireau, alias pépère Hinault, qu’on a exhumé de son potager de Troufignac les Binious qui en remet une couche, la bave aux lèvres, l’oeil inquisiteur, avec une xénophobie de l’Anglais difficilement dissimulée, et qui nous raconte que chez lui, dans la « principauté » des chapeaux ronds, tous les mômes en cadets ont remplacé leur pompe à vélo par des inhalateurs de Ventoline ! Les petits cons. Pire, il paraît, toujours selon lui, que ce sont les parents
qui fournissent. Les vieux cons…
Ce sont surtout Froome et la Sky qui risquent de mettre « cher » à l’ego du Breton à la retraite, en faisant ce qu’aucun coureur cycliste n’a réalisé, à savoir gagner un 5e Tour et doubler la victoire Giro/Tour. Ah, quelle horreur ! Qu’on les pende haut et court ; et vite. Alors là, je me dis : mais
comment un mec comme lui peut accepter de venir se couvrir de pisse à la télé en venant raconter de telles sornettes?
La suite, on la connaît. On en constate amèrement les effets sur les routes : les comportements irresponsables de communication de tout ce petit monde ont généré ce climat détestable envers certains coureurs. Ils ont pour de bon mis le feu à la friteuse, obligé la Sky à payer des gorilles pour protéger ses coureurs, et transformé tous les « Mimile » au QI de dindes avinées, dans les fossés et sur les talus des routes du Tour, en crétins investis soudainement de la mission de l’archange purificateur.
Si Froome est de bonne foi, ce qu’affectivement je pense, pour manger, tout ce petit monde a clairement monté une sale entreprise de déstabilisation à son encontre et celle de son équipe…
Pour ce qui est de tes confrères Môssieur Richard, ceux de l’Équipe, d’Eurosport, de RMC, de la presse écrite, celle qu’heureusement je ne lis plus que dans les ch……., je voudrais seulement leur dire qu’au lieu de nous prendre pour des chimpanzés trisomiques, vous feriez mieux d’apprendre à faire votre « taf » correctement ou tout au moins à en (ré)apprendre la déontologie… Que vous nous parliez à partir du mois de
mars du cyclisme à travers le dopage, car vous êtes en période creuse et que vous n’avez rien d’autre pour vendre de l’audience, on en avait malheureusement pris l’habitude. Mais que votre comportement non-professionnel mette en danger des gens qui, sur leur vélo, prennent déjà tous les risques dans l’exercice de leur sport, là Messieurs, vous avez dépassé les bornes ; et si vous continuez dans l’incurie, votre c… va sentir la savate !
Votre attitude me rappelle Coluche : « Dans les milieux autorisés, on s’autorise à penser que… » ! Donc, soit vous savez quelque chose sur la Sky et vous mettez vos couilles sur la table comme des lanceurs d’alerte, soit vous ne savez rien et vous allez croûter avec les potins de la vie intime du microcosme parisien dans les dîners en ville et autres joyeusetés inavouables. Vos combines à deux balles qui consistent à prendre en otage un sport qui depuis dix ans est le seul à avoir organisé ouvertement des
processus anti-dopage draconiens uniques au monde, ça commence vraiment à bien faire.
Personne n’a expliqué la durée d’efficience d’une bouffée de Ventoline, pourquoi ? Personne, comme pour l’affaire d’Outreau, ne s’est dit qu’un mec comme Froome, légitimement surveillé comme le lait sur le feu au sein de l’équipe la plus moderne et à la pointe de l’innovation, des techniques d’entraînement et de préparation physique, ne pouvait permettre à son leader de se doper avec la potion magique à Jésus Christ!!! Si ça n’est pas un signe de nullité, ça, qu’est-ce que c’est ? Mais attendez les mecs, vous avez quoi entre les oreilles, de l’Isorel ?
Alors, au lieu de nous gratifier de reportages bidons, allez-y, rentrez dans le quotidien d’un coureur pendant un an, suivez-le, apprenez ce que sait Thomas Voeckler sur le vélo et, au lieu de nous abreuver de « fake news » aux odeurs de scandales lucratifs, parlez-nous de cyclisme car, pour l’instant, le cyclisme, vous ne faites que lui « chier dans les bottes » par facilité et paresse !
De ce sport, vous n’êtes capables que d’expliquer le folklore. Sa réalité, sa technique, ses stratégies, son sponsoring ou ses réalités économiques, vous ne nous en rendez jamais compte. Et pour cause, cela réclame de l’investigation et du travail.
Le vélo est le seul sport au monde où l’on ne peut plus soigner un coureur aux corticoïdes, même s’il a choppé la gueule d’Éléphant Man en passant à 50 km/h dans un essaim d’abeilles. Le vélo, c’est le seul sport où des mecs avec 4% de masse grasse ne peuvent pas soigner normalement une bronchite. Même Sagan, enfumé au « lachrymo », refuse le collyre du médecin du Tour, car il a peur de se faire contrôler ! Anormal ! On frise la connerie par excès à tout bout de champ et vous, bande de mouches à formol, vous venez croûter sur ça ? Ce n’est plus possible. C’est minable.
Bon appétit Messieurs, ô journalistes intègres ! Tous les amoureux de ce sport magnifique espèrent qu’un jour vous vous étouffiez de votre arrogante inconséquence.
Bonjour chez vous s’il y a personne.
Signé Furax

AC : Du grand Furax !

Ça c’est fait !
Bien, Francis, permets-moi de t’appeler ainsi, tu n’y vas pas avec le dos de la cuillère. Notamment avec Hinault. Et là, tu touches à l’idole de L’AC, alors je dis « Attention Francis » ! En plus, on va rouler avec le blaireau bientôt, alors si tu veux que L’Acheteur Cycliste continue de faire le sale
boulot, mesure tes propos sinon je vais finir comme l’ouvrier gréviste en 84, à la Ciotat, qui s’était empalé sur le poing du champion ! Et je ne parle pas du journaliste à l’arrivée de l’étape Vitré/Fougère, en 85. Autre motif,
mais même punition !
Mais ici, la parole est libre…
J’avoue que concernant Froome, on lui rentre, moi y compris, droit dans le lard. Mais cela s’explique. Plus à cause de la Sky et du sommet d’arrogance qu’est David Brailsford, leur manager, que de Froomey lui-même, d’ailleurs. Il est tout de même incroyable de devoir encaisser qu’être asthmatique est compatible avec la victoire dans le Tour ! Populisme ou pas, j’ai rarement vu un asthmatique en plein effort doubler la dose. Ceux que j’ai vus en crise n’allaient pas bien et étaient plutôt pris de panique en constatant que l’air se raréfiait dans leurs poumons…
Au-delà de ces considérations que je qualifierais de bon père de famille, si Froome se dope, alors il y a peu de chances que derrière, ce soit tout blanc…
Côté effet Superman, Ventoline, corticoïdes, EPO ou autres drogues, on ne sait toujours pas vraiment combien ça fait gagner par rapport à un entraînement, fut-il « scientifique », ce qui reste à prouver d’ailleurs. Je me souviens que lors d’une discussion dans le Ventoux, il y a quelques années, avec Riccardo Ricco, le grimpeur italien m’avait balancé, avec cet air de ne jamais savoir s’il dit la vérité ou non, que le dopage lui faisait gagner 20% de performances supplémentaires. Monstrueux !
Donc, à l’en croire, quand un coureur est dopé, il devrait finir avec 20% d’avance sur un coureur de force équivalente, mais à l’eau claire. Or, on en est loin. Même si l’on ne se base que sur les étapes de montagne,
les plus représentatives de la force intrinsèque d’un coureur (avec les contrela-montre), la lecture du classement des dix premiers du dernier Tour, selon ce raisonnement, donnerait un vainqueur classé aux alentours de la quinzième place !!! Autre point qui fâche, avec la Sky, on a tellement
l’impression de revoir l’US Postal que le sentiment ressenti ne peut être que négatif. Ceci étant, dans d’autres sports, ce phénomène existe aussi : les Autrichiens en ski de piste, les All Blacks au rugby, ou encore les Chinois au tennis de table. Pour ne citer que ces exemples. Sauf que pour
ceux-là, la technique prend une place importante dans le résultat. Ce qui transforme radicalement notre réflexion sur ces athlètes et leurs performances.
Là où je te rejoins, c’est sur cette espèce de normalité qu’est devenue l’attaque annuelle du dopage dans le cyclisme, à l’orée du Tour. A l’inverse, le foot passe royalement au travers alors qu’il paraît juste impossible que les joueurs ne se dopent pas. C’est notre croix, mon cher Furax.
Côté dirigeants, le président de l’UCI est effectivement un politique. Donc rien de nouveau sous le soleil. A France Télévisions, on pourrait presque les plaindre : si l’un deux s’avise de poser les « mauvaises » questions, ça donne l’effet « Holtz », à savoir le boycott de l’emblématique journaliste par Armstrong durant des années.
Moralité, d’un côté, des coureurs qui en ont marre de se faire contrôler à outrance, on peut les comprendre, et d’un autre, des contrôleurs qui courent après les souris depuis des années sans jamais en voir la queue d’une. Peu ou prou. Au moins depuis dix ans. Et durant ces années-là, les coureurs ne sont pas allés moins vite…
Le résultat, c’est que le vélo professionnel va bientôt parvenir à dégoûter mêmes ses plus grands supporters. Le Tour est devenu une fête votive itinérante. Après, seulement après, une course de vélo.
Je me souviens avoir écrit ici même, il y a quelques années, que le Tour était devenu terriblement barbant. Et puis, un ou deux ans après (dans les années 2010), nous avions eu droit à une ou deux éditions plutôt… positives ! Voeckler et Cadel Evans avait donnés du pep’s à tout cela. Sans garantie de probité, bien sûr… Las, tout est ensuite redevenu soporifique.
Cette fois-ci, entre dirigeants définitivement politiques, courses insipides, une équipe surpuissante, une tradition malmenée, des délais désormais trop importants devant l’entraînement spécifique d’équipiers « lanceurs », comme pour la vitesse par équipe, mais en montagne, le vélo « pro »
semble cliniquement mort. C’est faute sur faute.
Pourtant, pour sauver le vélo, tout le monde connait la recette : plus d’oreillette, équipes de 6 coureurs, des grands tours de 15 jours maximum avec 4 à 5 jours de repos pour 22 jours de courses, des délais resserrés pour les équipiers avec une exception pour le sprinters reconnus, des championnats du monde durs et la retransmission du Giro et de la Vuelta sur des chaînes généralistes (Eurosport encore un peu « court »), des contrôles plus sévères mais moins invasifs (un « code » avec les peines en
face des infractions ou des « produits » ? ), une « cantine » générale sur les courses par étapes (égalité de nourriture, sécurité, convivialité), etc…
Et, et… parler de matériel ! Les vélos de nos coureurs demeurent des machines de rêve. Plus ça va, plus c’est vrai. Quand on constate que les journalistes, lors des directs, n’ont pas le droit (ou leur direction leur refuse) de parler d’une marque sous prétexte de favoritisme ou l’on ne sait quoi, et que pendant ce temps, la caravane du Tour et les publicités sont partout, on se demande si le vélo sortira un jour de sa schizophrénie entre tradition et business.
On ne parle pas des disques, hein…
Il y a quelques années, sur une initiative de Gérard Holtz, nous avions proposé à France Télévisions de faire un vrai topo, chaque jour, sur un vélo utilisé par chaque Team participant au Tour. Un sujet non-réalisé par l’un des journalistes commentateurs. Et nous aurions présenté tous les vélos (22 étapes = 22 vélos), bref, la déontologie était sauvée. Malheureusement, Daniel Bilalian, alors directeur des sports de France Télé, n’en avait pas voulu. Il avait même interdit d’évoquer une marque (ou plusieurs) à l’antenne ! On croit rêver… Le résultat de cette approche est édifiant, faites-en l’expérience vous même. L’autre jour, lors d’un dîner, j’ai demandé à huit amis, sportifs (tennis, foot, plongée, golf, jogging), tous pères ou mères de famille, sur quelle marque de vélo Armstrong a gagné ses sept tours consécutifs. Pas un seul n’a su me répondre ! Mais Thevenet et Peugeot, ça c’est ressorti ! D’ailleurs, l’adoration portée au PY 10 Peugeot des années 75/80 sur Internet en est directement issue !!! Donc, un constructeur lâche entre 1 et 3 million(s) d’euros par an pour être sponsor d’un Team UCI et personne, malgré un palmarès long comme le bras, ne sait quel vélo utilise l’équipe ?
Qui peut croire cela ? Qui peut croire qu’un sponsor va continuer à investir dans le cyclisme avec de telles pratiques marketing néandertaliennes ?
En fait, on constate malheureusement que le vélo, l’objet, est devenu le parent pauvre du cyclisme. Depuis les années 2000, ça date, les sponsors sont des assureurs, des banquiers, des opérateurs télécoms ou même des pays, la dernière mode, qui parient et investissent sur le côté populaire du vélo. Giant, Merida, BMC sont les derniers des Mohicans. Deux géants et un mécène. Voilà où l’on en est…
Le cyclisme « pro » en question, à commencer par le Tour
Le cyclisme va mal. Ce Tour a été clairement inintéressant. D’aucuns vous diront que c’était peut-être la même histoire à l’époque de Merckx. Ou même d’Hinault. Mais non seulement les Belges et les Français y ont sûrement trouvé leur compte, ce qui n’est pas trop sûr au pays de Galles, sans faire de procès à qui que ce soit, mais ces champions-là gagnaient souvent seuls et avec panache. Pas en attaquant à 3 kilomètres du sommet. Ce qui, aujourd’hui, semble être incontournable si l’on ne veut pas se faire détruire à petit feu par une équipe qui peut mettre trois hommes à la planche pour ramener l’inconscient à la raison… et finir par le lâcher irrémédiablement.
En ce qui concerne la machine à cash, Médiamétrie annonce que les audiences auraient baissé cette année. Enfin ! Les choses sont peut-être sur le point de changer. Pour de bon.
Alors, à défaut de voir venir une révolution, espérons au moins une révolte. Du côté des instances et des organisateurs, hein, pas des coureurs…
Rendez-vous l’année prochaine. D’ici là, la Vuelta, spectaculaire ces deux dernières années, et un championnat du monde qui s’annonce dur et particulièrement montagneux vont peut-être nous mettre du baume au coeur. C’est tout le mal que l’on vous souhaite…

Froome 2018
Christopher Froome a désormais besoin d’un garde du corps, symbole d’un cyclisme qui déclenche la colère…

TOUR 2018 : DES AUDIENCES EN BAISSE…

Cette année, la seconde où France Télévisions retransmettait toutes les étapes en intégralité, le Tour a été regardé par plus de 33 millions de téléspectateurs entre France 2 et France 3, alors que nous étions 37 millions l’an dernier. Soit près de 12% de baisse, c’est énorme ! Sur France 2, la moyenne a été de 3,3 millions de téléspectateurs (35,2% de parts d’audience), un chiffre en baisse par rapport à 2017, avec 3,8 millions de téléspectateurs (38,4% de parts d’audience). Sur France 3, les chiffres sont en moyenne de 2,1 millions de téléspectateurs, soit (19,7% de parts d’audience), eux aussi en baisse, comparés à ceux de l’édition 2017, avec 2,3 millions de téléspectateurs (21,3% de parts d’audience).

Le couperet semble descendre, messieurs. Gare à l’année prochaine.

Quand un Kenyan cache un Gallois, ça fait deux « Anglais » !

Geraint Thomas 2018

Quand un Kenyan cache un
Gallois, ça fait deux « Anglais » !

Geraint Thomas, 32 ans, a donc remporté le Tour 2018 malgré un excellent Tom Dumoulin, qui prend date. 32 ans, c’est aussi l’âge auquel
Hinault a arrêté le vélo…
Vainqueur avec autorité de ce Tour, le Gallois aura remporté les deux étapes les plus significatives du Tour, à commencer par l’Alpe d’Huez, en jaune. Avec Hinault et Armstrong (destitué par la suite), il est le seul à avoir réussi cet exploit. Le Gallois l’emportera aussi à la Rosière, une étape comptant deux cols hors catégorie et un première catégorie, excusez du peu. Une victoire sifflée, mais une victoire indiscutable sur la route…
Contrairement aux apparences (voir photo), il ne gagne pas le dernier contre-la-montre à Espelette, mais valide sa victoire avec une troisième place derrière Dumoulin et Froome.

Alejandro Valverde : l’élixir de jeunesse…

Valverde 2018

Alejandro Valverde :
l’élixir de jeunesse…
Vuelta 2018 – 8e étape

L’Espagnol Valverde est non seulement inusable mais, de plus, il se permet encore de battre au sprint, d’homme à homme, la référence mondiale qu’est Peter Sagan. Dans une arrivée montante, il est sûrement le seul au monde à en être capable. A 38 ans, ça laisse pantois !
Quant à sa performance sur la Vuelta, lui qui a endossé le rôle de leader de la Movistar après le coup de moins bien de Quintana, elle s’inscrit elle aussi dans le cadre du jamais vu.
Canyon peut remercier l’homme originaire de Murcia. Un champion d’exception, à n’en pas douter.

Julian Alaphilippe : l’épanouissement, enfin !

Julian Alaphilippe 2018

Julian Alaphilippe :
l’épanouissement, enfin !

L’année dernière, ce garçon a joué de malchance et d’un millimètre
de vista. Mais cette année, c’est l’explosion. Après avoir gagné la
Flèche Wallonne en début de saison, deux étapes sur le Tour de
France, le maillot de meilleur grimpeur, le Tour de Grande-Bretagne
et, ici, la Clasica San Sebastian, le Français de 26 ans réalise une
saison exceptionnelle. La France tient enfin sa perle rare. Et si tout va
bien, on n’en est qu’au début…
Lorsque vous lirez ces lignes, il sera peut être champion du monde !

Cervélo R3 Navy 2018 Ultegra

Cervelo R3 Navy Ultegra

Cervélo R3 Navy 2018 Ultegra

Un prix en baisse, un cadre plus rigide et plus léger. Ce vélo emblématique des années 2000 semble avoir tout pour plaire. Oui, mais…

Tester un Cervélo est toujours intéressant. Encore plus lorsqu’il est nouveau. C’est le cas du R3, qui annonce plus de rigidité et un peu plus de légèreté. Comme toujours, il est vrai ! Ce nouveau cadre est donc toujours asymétrique, et doté de cette fameuse boîte BBRight de 79 mm. On est donc entre le BB30, donné pour très rigide, et le BB386, version PressFit, donné pour plus tolérant et plus élastique. Cette boîte accueille un pédalier à axe classique de 24 mm, contrairement à l’oversize et son axe de 30 mm. On retrouve aussi l’architecture typique de Cervélo, avec un cadre à poutre Squoval ronde et carrée à la fois, mais aussi des haubans ultra fins, pour le confort, et des bases encore et toujours à fortes sections et rectangulaires : il faut bien que cela tienne quelque part ! La nouveauté est le diamètre de la poutre qui augmente encore de section avec la Squoval Max. Nous, on aimait vraiment bien la version précédente : gageons que cette augmentation de diamètre, probablement due au gain de poids, ne change pas le comportement magnifique de ce cadre. On notera aussi la superbe finition « ergonomique ». Sous la boîte, le passage des câbles est optimisé par un insert qui fluidifie parfaitement le mouvement, alors qu’une protection « plastique » apparaît sur la base arrière droite : elle protège la boîte et la partie supérieure de la base en cas de déraillement, ou simplement de contact avec la chaîne. Vu le prix d’un cadre actuel, nous disons merci messieurs (voilà un choix dont De Rosa, pour ne pas les citer, ferait bien de s’inspirer) !

Cervelo R3 Navy Ultegra Transmission

Côté confort, on remarque aussi que la fourche n’est plus tout à fait droite : un très léger cintrage apparaît. Une tête plus large, aussi, pour accueillir au mieux les pneus de 25 mm de section, voire 28 ! Les pattes sont en carbone, y compris à l’arrière.

Et puis on a droit à une géométrie plus compacte (sauf la longueur des bases, à 410 mm), afin de rigidifier ce cadre et sûrement de le rendre plus précis et rassurant en descente. En matière de chiffres, rappelons que l’angle du tube de selle est de 73°, toutes tailles confondues, exceptée la toute petite, obligatoirement ramenée à 71° pour des soucis de maniabilité et d’espace pour le pédalage. Sans être ingénieur, l’expérience nous laisse à penser que 73° pour un tube de selle est la valeur optimale pour donner du pep’s et un comportement idéal à un cadre : on adore !

Enfin, Cervélo parle de poids… mais ne le donne pas. Toujours un peu énervant.

Cervelo R3 Navy Ultegra Douille

Un équipement au niveau… mais pas les roues !

C’est devenu courant : pour faire baisser l’addition, après avoir serré les coûts de partout, les constructeurs n’ont plus d’autre choix que de sacrifier les roues. Et c’est un problème car, outre le fait de se retrouver avec un vélo à l’équilibre un peu chaotique, cela bride le rendement du vélo lors des tests : c’est ce qui s’est passé avec notre R3.

Pour le reste, rien à dire. Le groupe Shimano Ultegra continue sur sa lancée triomphale. Il est clair que nous n’allons parler que de lui cette année. Ceci dit, la version 36×52 et une cassette de 11×30 est un excellent choix si vous n’êtes pas un grimpeur ailé, et s’avère bien plus efficace et logique qu’un 34×50 en 11×28.

Cervelo R3 Navy Ultegra Cadre

Le poste de pilotage est simple mais élégant, en particulier la potence, et surtout ergonomique. Le tout en aluminium. Quant à l’assise, j’avoue que ce n’est pas ma tasse de thé : la Fi’zi:k Antarès ne m’a jamais correspondu, trop molle, donc trop dure, et le recul de la tige me paraît trop important. Mais c’est là surtout affaire de poids et de position, car ces composants sont indéniablement de qualité. Nous vous invitons à parler de cette assise avec votre détaillant lors de l’achat, de façon à vous assurer qu’elle correspond bien à votre morphologie.

Cervelo R3 Navy Ultegra Poste de pilotage

Et pour finir, bien entendu, les Mavic Aksium Race. Que vous dire d’autre que ce sont des roues d’entrée de gamme d’1,7 kg, à pneus et en aluminium ? Voilà de bonnes petites roues d’hiver et/ou d’entraînement. Mais pas plus. D’autant que les pneus de 25 ne les arrangent guère. Nous verrons lors du tour-test qu’elles ne s’acclimatent pas à ce cadre…

Cervelo R3 Navy Ultegra Potence

Notre avis ? Dites à votre vélociste de les garder et trouvez-vous des Mavic Elite, par exemple ! Sur TrocVelo.com, nous en avons trouvé à 200 euros et en parfait état ! Et si vous avez encore un peu de marge, nous avons aussi trouvé des Campa Hyperon Ultra, révisées en magasin, pour 600 euros : là, vous allez vous envoler, avec votre R3 ! Message compris ?

Sur la route

On va commencer, pour une fois, à l’envers. Par la descente, pour être précis. Depuis son lancement en 2007, le R3, qui a révolutionné le vélo comme aucune autre machine depuis vingt ans, avait un défaut. Un seul, serions-nous tentés de dire : son comportement en descente. Un peu perché, un peu instable, il ne proposait pas une assurance tous risques pour les « descendeurs ». Eh bien, nous vous annonçons officiellement que c’est fini avec la version 2018 ! Plus grand-chose à voir. C’est même le contraire : c’est précis, facile et confortable. Plus aucun problème pour attaquer. Qu’on se le dise.

Cervelo R3 Navy Ultegra Richard

Pour le reste, c’est une autre histoire. Ce cadre est donc plus léger et présente une boîte plus rigide. Franchement, nous pensons qu’il n’en avait pas besoin. Mais on peut aussi dire que cela dépend pour qui ! A titre personnel, le R3 m’a toujours beaucoup, beaucoup plu. Sa facilité, lors de son lancement, était même hallucinante par rapport à la concurrence. De notre point de vue, avec la version 2018, le R3 s’oriente plus vers la castagne et moins vers le cyclosport, car les 4% supplémentaires de rigidité de la boîte se sentent très clairement.

Cervelo R3 Navy Ultegra Fourche

Mais quelle drôle d’idée de coller à ce vélo des pneus de 25 mm de section ! On sait que c’est la mode, mais quand même… Un R3, cela se respecte, notamment en côtes ! Résultat, comme nous n’avons pas pu gonfler ses pneus à plus de 7,7 bars (c’est le maximum autorisé par Mavic), j’ai probablement perdu pas mal de rendement, alors que dans cette nouvelle version, Cervélo recherche le contraire.

Et cela n’a pas fait un pli : ainsi équipé, le R3 s’écrase un peu, et si le cadre fait tout ce qu’il peut pour remonter l’ensemble, il paie ses roues. Dans la côte de la Roque, j’ai du monter petit presque partout, à 6 ou à 13 % (36×28).

Cervelo R3 Navy Ultegra Derailleur avant

Alors, il faut pédaler en cadence. Ce n’est pas mon fort. Mais c’est ainsi que l’on profite au mieux de ce cadre, dont la boîte de pédalier BBRight demeure un modèle de douceur et d’aisance. Très linéaire, le R3 ne fait pas de vague. Tu choisis ton braquet, et tu cadences, point à la ligne. Les Mavic Aksium, malgré tout le bien que l’on pense de ces entrées de gamme, ne sont clairement pas ici à leur place. Mais elles ont l’avantage d’avoir fait baisser drastiquement le prix du R3, et de permettre à plus de cyclistes de profiter de cet excellent cadre.

Le retour de ce tour-test, après la descente qui a donc matérialisé les énormes progrès faits par ce cadre, indiquera aussi qu’en plat puis en faux-plat, le R3 ne peut se contenter de ces roues. Elles grèvent trop son rendement. Une fois encore, l’option 700×25 et pneus Mavic semble ne pas coller avec le cadre. Je monterai sans pouvoir vraiment accélérer, comme si le vélo était limité par un rupteur ! Et ce n’est pas que moi ! Dans le raidillon, ce sera encore plus explicite. Entre les pneus qui s’aplatiront à moitié et cette boîte qui ne lâche pas grand chose, les Mavic seront mises au supplice et avoueront nettement leurs limites.

Cervelo R3 Navy Ultegra Cadre2

Le chrono le confirmera. Certes, je n’aurai pas fait beaucoup d’efforts, mais uniquement grâce au cadre et au 28 dents de derrière : 35 minutes et 11 secondes, ça fait un peu beaucoup ! Nous allons comparer avec les deux ou trois autres machines de ce test, mais je ne suis guère optimiste. Et franchement, quel dommage…

Cervelo R3 Navy Ultegra Boitier

Conclusion : un test compliqué

Le Cervélo R3 est un excellent vélo. Son cadre avant tout. Son groupe ensuite. Mais avoir opté pour les Mavic Aksium, rarement vues aussi mal adaptées à un vélo, est un pis aller. Il faut impérativement déjà disposer de bonnes roues avant de s’offrir ce vélo. A boyaux, si possible. Et rigides. Vous changerez alors de monde… et surtout, vous pourrez vraiment découvrir ce qu’est un R3. Et cela vaut le coup, croyez-moi. Car ce vélo sait désormais tout faire, toujours aussi facilement. Je lui ai « collé » des Mavic S1 à boyaux (1299 euros), pour voir. C’est devenu un petit Nirvana, entre rendement et confort. Voilà, maintenant, vous savez.

Cervelo R3 Navy Ultegra Fiche technique

Renseignements : www.cervelo.com

 

Selle Recon Allwings

Selle Recon Allwings

D’où vient le vent ? De partout…

Si la remise des Awards de l’Eurobike couronne de beaux produits, elle rate parfois l’immanquable ! Comment qualifier autrement cet exercice de style ergonomique qu’est la Allwings de Recon ?

Spécialiste des cassettes light depuis toujours, la marque lance cette selle assez hallucinante. Le concept ? Libérer le mouvement des jambes, élargir l’assise, et supprimer les points durs. Le rêve, non ?

Bientôt en test à L’Acheteur, bien sûr.

Renseignements : http://www.all-wings.com.tw/index_E.aspx

Chaussures Shimano

Chaussures Shimano BOA

Chaussures Shimano

Techniques, confortables, ergonomiques… et belles !

Implacable Shimano. Déjà indiscutable leader côté transmissions, inventeur de l’électrique, faiseur de roues carbone aussi sûres qu’efficaces, mais aussi présent dans tous les secteurs de composants de direction avec PRO ou encore de selles, l’ogre japonais semble ne jamais être rassasié.

Pour 2019, Shimano signe une chaussure S-Phyre d’une très grande pureté.

Légère, mais pas trop, ergonomique, confortable mais rigide,
Shimano atteint là aussi des sommets.

Renseignements : https://bike.shimano.com

CeramicSpeed

CeramicSpeed

CeramicSpeed

Cardan, carbone, cassette plate, est-ce là l’avenir ?

Probablement pas. Mais avec ce prototype de transmission CeramicSpeed, ou encore quelques autres exercices de style, comme la « boîte » Rohloff et sa courroie, tout indique que la transmission par chaîne n’est pas éternelle sur nos vélos. Et c’est tant mieux, car malgré l’ingéniosité et la fabrication ultra technique des composants actuels de transmission, la vraie révolution n’est pas encore intervenue.

Et l’on attendra beaucoup moins de temps que celui déjà passé depuis
l’époque où Tulio Campagnolo a lancé le dérailleur…

Renseignements : www.ceramicspeed.com