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Lapierre Xelius SL600 Disc

Lapierre Xelius SL 600 Disc :
Une révélation !

Apparu il y a deux ans, le Xelius symbolise le véritable renouveau de Lapierre. Plus technique, plus sexy, ce vélo s’est en outre auréolé des performances du Team FDJ dans les étapes de montagne du Tour de France.

Lapierre Xelius SL600 Disc

Quoi que nous puissions écrire, nous autres journalistes, un vélo, ce serait toujours et avant tout un look. Qui plaît ou non. Or, le Xelius, qui plus est en version disques, présente une allure spectaculaire. D’abord grâce à ce « croisillon », ensuite grâce à ses disques. Côté couleur, en revanche, la livrée noir, rouge, bleu et blanc n’est, à notre humble avis, pas l’atout maître de ce modèle…
En tout cas, le cadre est très travaillé, et si c’est l’intersection entre le tube supérieur et le tube de selle qui se montre la plus spectaculaire, le reste des tubes démontre que, chez Lapierre, on s’est posé quelques questions. Tube supérieur bombé et aplati, poutre en goutte d’eau, tube de selle particulièrement technique et, enfin, triangle arrière qui mêle rigidité des bases et souplesse de longs haubans. Espérons que le Xelius transformera sur la route toutes les promesses qu’il tient sur le papier !
Techniquement parlant, Lapierre est un peu avare d’informations. On note cependant l’utilisation de fibres carbone unidirectionnelles, gage d’une fabrication haut de gamme. A défaut de plus de détails.

Lapierre Xelius SL600 Disc

Lapierre Xelius SL600 Disc
Notre Xelius SL 600 Disc existe en six tailles. Une offre correcte, qui se situe dans la moyenne pour des vélos à plus de trois mille euros. Nous regrettons tout de même la volonté que Lapierre a eu de vouloir couvrir tous les cyclistes en faisait le grand écart entre les 52 cm du XS et les 61 cm du XXL. Forcément, l’étagement est assez important, sauf pour les deux premières tailles. On note aussi des douilles assez courtes qui rappellent que le Xelius dispose d’un cadre de course. Même constat pour la longueur des bases, toutes de 405 mm. On reste dans le relativement nerveux !
Enfin, les angles. En taille M, on a droit à 73° côté tube de selle et douille. Pour nous, ce sont les meilleures valeurs. Au-dessus, là où l’on pourrait maintenir le 73, malheureusement le vélo « se couche ». On aura donc, comme souvent il est vrai, un vélo sur lequel on pousse plus que l’on appuie, ce qui induit plus de facilité mais un peu moins de rendement. Remarquez que c’est exactement la même géométrie que l’Aircode, le « rouleur/aéro » de la marque.
Un équipement soigné mais perfectible. Vous nous direz que tous les composants sont perfectibles. C’est juste. Mais pour l’occasion, nous évoquons surtout les roues. Comme d’habitude. Nous n’avons pas encore posé nos fesses sur cette machine mais la tension semble un peu faible à notre goût et je remarque que, contrairement à DT Swiss ou Zipp, le moyeu avant porteur du disque de 140 mm ne présente pas de flasque surdimensionné côté disque. C’est donc probablement la jante qui devrait se « taper tout le boulot » de la rigidité. Nous verrons ce qu’il en est à l’usage. Pour le reste, c’est très bon. Si tout est en aluminium, dans un souci d’économie, l’ergonomie et la fiabilité s’annoncent parfaites : transmission Shimano Ultegra mécanique, impeccable, poste de pilotage Zipp Service Course élégant et compact, et tige de selle à réglage simple et précis. Tout nous plaît… même si le tout n’est pas très, très léger. Seule la selle Fi’zi:k Antares peut faire débat : elle est courte, assez anguleuse, et son rembourrage assez mou. Penchez-vous sur son cas avant de l’acheter et parlez-en à votre détaillant. La changer ne paraît pas anecdotique.

Lapierre Xelius SL600 Disc

SUR LA ROUTE

Tout d’abord, il convient de préciser que je suis admirablement positionné sur ce vélo. Juste long comme il faut pour moi, selle adaptée et cintre conforme à mes attentes, à savoir large, peu de drop, avec des retours suffisamment longs. Impeccable. Seule la douille me paraît courte et trahit le côté sportif – exigeant ? – de cette géométrie.
Assez rapidement, après avoir gonflé les Continental de 25 de section, je sens que le Lapierre embarque une masse non-négligeable. Cependant, dès le premier faux-plat qui mène au village, le Lapierre permet une cadence agréable et affirme une certaine facilité. Comme si l’inertie due au poids du vélo s’évanouissait, un peu, une fois le bon braquet sélectionné…
Plutôt positif. Je traverse le village, à peine embouteillé en ce samedi de long week-end, et je profite du freinage à disques de Shimano, doux mais doté d’une bonne attaque. On verra dans la descente si ça suit au-delà des 60 à 70 km/h. J’atteins le bas de la côte de la Roque-sur-Pernes. En ce matin frisquet mais ensoleillé, j’avoue craindre un peu le comportement du
Xelius. 8,85 kg, même si l’expérience nous a prouvé que la masse pouvait parfois se fondre dans le rendement, c’est lourd…
Mais, en toute franchise, j’avoue être surpris. Si ma condition ne cesse de s’améliorer depuis plusieurs mois, j’attaque la côte avec une aisance certaine grâce à la cadence de pédalage que me permet le Lapierre. Je suis en 36×25, et si je sens mes cuisses, elles chauffent uniformément
et progressivement sans atteindre le fameux point « dur » qui indique que l’acide lactique vient faire son oeuvre ! Bref, je monte assez tranquille. J’aurais même pu, me dis-je, avancer « un chouia » ma selle et la monter de même afin d’augmenter mon efficacité en profitant de ma « nouvelle » force.

Lapierre Xelius SL600 Disc

Toute l’ascension se déroulera ainsi, en souplesse. Je passerai le 28 dents une seule fois, dans le petit « raidard » final (13%) de la première partie, mais repasserai quasi immédiatement en 25 et même 23 dents. Indéniablement, le Xelius SL 600 est un vélo tolérant. Le boîtier est facile, et on pédale « fastoche » !
Dans la descente, c’est également très agréable, la tenue de route du vélo est tout simplement excellente : sécurité, aisance, le Lapierre va droit mais tourne aussi admirablement. Une vraie réussite ! Quant au freinage, une fois de plus, je constate que les freins à disques hydrauliques de Shimano, même avec de petits disques de 140, sont très efficaces et surtout d’une douceur étonnante. Ajoutez les pneus de 25 mm de section, et les descentes ne sont plus les mêmes. Là encore, c’est très agréable.
Restent deux points qui nous chagrinent : nous sommes un peu déçus par le confort. On s’attendait à mieux. Il est vrai que j’ai gonflé un peu fort pour du 25 mm (8 bars devant, 7 derrière). Mais pour le rendement, c’est obligatoire passés les 90 kg. Ensuite, et surtout, je m’attendais à une performance un peu supérieure. Avec 33 min et 18 secondes, je mets 2 minutes de plus qu’avec mon Fuji et mes roues Corima MCC « S+ ». Le mois dernier, s’entend.
En fait, cela indique clairement ce que le Lapierre Xelius SL 600 Disc peut et ne peut pas faire : il n’est pas rapide. C’est un fait. Donc n’allez pas chercher des noises à vos potes s’ils sont équipés, pour le même prix, d’un vélo de « course » : vous allez vous « choper les gros cuisses » en moins de deux. En revanche, pour rouler longtemps, en toutes conditions, en
toute sécurité, et très agréablement, il sera là parfaitement à son aise. Voilà un vélo sur lequel on se sent chez soi. Et rapidement.

Lapierre Xelius SL600 Disc

LOURD, FIABLE ET SÉCURISANT : VOILÀ UN « COURSE » AUX CARACTÉRISTIQUES INATTENDUES…

Si vous recherchez un vélo nerveux et plutôt sportif, passez votre chemin. Sans discussion. Le Xelius SL 600 Disc est une machine d’endurance. Tolérante, en plus. C’est une évidence. Il y ajoute un look réussi et classe… excepté, pour nous, dans cette livrée discutable. En tout cas, choisir ce vélo est simple : vous roulez au moins 5000 à 6000 km par an. Peu importe votre poids, peu importe votre force, il vous suivra et vous permettra d’arriver à bon port. Si vous êtes trop court niveau condition,
changez juste la cassette. Pour conclure, voilà une machine réussie et bien conçue, certes pas forcément emballante ou ludique.

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Richard Jamin est le président-fondateur et le directeur de publication du magazine L'Acheteur Cycliste. C'est lui , il y a 13 ans, qui à eu l'idée et le courage de créer le premier magazine d'achat du vélo de route. C'est un véritable passionné du vélo de course, il possède aussi un sacré caractère.