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Canyon Ultimate CF SLX 8.0

Canyon Ultimate CF SLX 8.0 :
Toujours imbattable ?
À voir…

Voilà une machine que seul Canyon pouvait présenter. Pourquoi ? Parce que le vélo vaut à peine le prix du cadre seul à la concurrence ! Comprenez qu’il s’agit bien du cadre haut de gamme de la marque, celui utilisé par Quintana et consorts. Ensuite, Canyon l’a équipé au mieux..

Canyon Ultimate CF SLX 8.0

L’Ultimate CF SLX est donc le cadre le plus haut placé dans la famille Canyon. 780 g de carbone unidirectionnel et autres fibres de haut de gamme. Une fourche minimaliste, ultra light et fine comme une lame de rasoir. Un tube de selle fin et creusé, non pour raccourcir les bases mais pour une volonté « d’aéro » et de comportement. Quant au triangle arrière, sa finesse est une porte ouverte sur la maîtrise de Canyon concernant le rapport rigidité/nervosité. Généralement, les bases sont nettement plus épaisses alors que les haubans sont souvent plus fins. Une autre école que celle lancée par Cervélo en 2008 sur son célèbre R3. On retrouve aussi sur ce cadre la désormais classique fourche dotée d’un pivot surdimensionné d’1’1/4, là où tout le monde est en 1’1/8, obligeant à monter une potence d’un diamètre identique et donc moins courante que le standard historique.

Canyon Ultimate CF SLX 8.0 Canyon Ultimate CF SLX 8.0

Côté géométrie, nous avons droit à sept tailles. La géométrie du Canyon se distingue toujours par son approche assez germanique : la taille 2XL et ses 61 cm de long laissent toujours un eu perplexe d’autant que pour nous, Français, elle n’existe quasiment pas. On doit donc trouver notre bonheur parmi les six autres tailles. Canyon a compris quelque chose de très important : l’angle du tube de selle est identique, quelle que soit la taille. Et surtout, la valeur de cet angle est bonne : en l’occurrence 73,5°.
On aurait quand même préféré 73°, mais cela s’ajuste avec le recul de selle. Bref, comprenez que cet angle met le vélo en position dynamique
et facilite grandement le coup de pédale.
Et comme devant, au niveau de l’angle des douilles, on est presque à chaque fois à 73.25°, donc très près de 73,5°, cela donne un cadre ultra dynamique et facile à rouler. Rappelons que c’est Cervélo qui avait le premier adopté ce concept. Tout bon !
Assez curieusement, on note aussi que les bases sont relativement longues ! Voilà qui fait sérieusement se poser des questions sur l’intérêt réel de bases courtes ; ou alors cela indique que la maîtrise du carbone par un constructeur permet d’allonger les bases, pour des raisons de construction du cadre et/ou d’angle, sans faire perdre de nervosité au cadre. On penche pour cette option…
En tout cas, cette géométrie, récente chez Canyon, est tournée vers le rendement. Exclusivement.

Canyon Ultimate CF SLX 8.0 Canyon Ultimate CF SLX 8.0 Canyon Ultimate CF SLX 8.0

UN ÉQUIPEMENT FORCÉMENT « SOFT »,
MAIS DES ROUES DE HAUT NIVEAU

La marque allemande a fait toute sa réputation grâce au suréquipement de ses vélos par rapport à la concurrence. Puis, elle a amélioré ses cadres jusqu’à arriver au niveau des meilleurs. Sur ce modèle spécifique, Canyon a coupé la poire en deux : un cadre très haut de gamme et un équipement
disons… contrôlé ! Exceptées les roues, les très bonnes Mavic Ksyrium Pro Exalith SL.
Résultat, on retrouve un groupe Ultegra, comme tout le monde dans ce comparatif, un poste de pilotage 100% aluminium, une tige de selle carbone, pour le poids, et une selle Fi’zi:k Antares à rails acier. Canyon a donc fait très attention à serrer les coûts pour pouvoir, on vient de le dire, monter des roues de qualité : les toutes nouvelles Mavic Ksyrium Pro Exalith SL WTS. Ouf ! Jantes plus larges, mix entre les Ksyrium Pro et les R-Sys, elles sont rigides, légères et élégantes. Et chères ! Au prix public
de 1390 euros, on mesure une fois encore la performance de Canyon pour parvenir à proposer cette machine sous les 3500e.

Canyon Ultimate CF SLX 8.0 Canyon Ultimate CF SLX 8.0

SUR LA ROUTE…

En enfourchant le Canyon, je constate que, décidément, il n’y a rien à faire, les pneus de 25 me chagrinent… Ensuite, mon Canyon est un L.
Aujourd’hui, je roulerais aisément sur un XL de la marque. Mais j’ai pu reproduire correctement ma position, avec les soucis de recul de selle
que cela impose tout de même.

Canyon Ultimate CF SLX 8.0

C’est parti. Comme prévu, j’ai à nouveau l’impression de rouler « léger » : entre le poids du Canyon, qui « met » 1 kg à ses concurrents, et les pneus de 25, j’ai l’impression de flotter en cette soirée bien avancée d’automne (il fait nuit, comme lors du test du BH). Sur le papier, le Canyon devrait atomiser la concurrence. Nous allons voir que ce n’est pas tout à fait ce
qu’il s’est passé. En effet, le Canyon a pris 40 secondes de mieux que le Lapierre ! Qui l’eût cru ? Je vous avoue que je suis incapable de vous expliquer cette différence. Il a en revanche mis plus d’une minute au BH. Des différences énormes à trois jours près…
C’est d’autant plus incohérent que les seuls moments où j’ai souffert avec ce Canyon, c’est dans le long faux-plat de retour vers Saint Didier et, dans une moindre mesure, dans le raidillon, au sprint, que j’ai attaqué et passé en 52×19. On note donc qu’à l’effort, le Canyon a souffert face au Lapierre.
Procédons par élimination. On peut écarter la responsabilité du cadre. L’Ultimate CF SLX, je le connais maintenant bien, c’est une bombe.
Alex pense exactement la même chose. On oublie la géométrie aussi, nous avons vu qu’elle était bonne. Les roues ? Les Mavic Ksyrium Pro Exalith SL ne sont peut-être pas des roues carbone à boyaux, mais comparées aux Shimano du Lapierre, peu de chance qu’elles perdent à elle seules 40 secondes sur notre tour-test. Alors ? Pour moi, l’explication vient du fonctionnement du couple cadre/roues. On vous en parle assez peu car il y a de quoi tomber dans un abîme de perplexité, mais le fait est que certaines roues ne s’accommodent pas très bien avec certains cadres. Et vice versa. D’après moi, c’est ce qui s’est passé. Et le kilo de moins du Canyon n’a rien pu y faire. Pour être complet et transparent, rappelons que je fais 90 kg et que ce constat n’est pas forcément valable pour des gabarits plus légers !
Il existe peut-être une autre explication qui peut largement expliquer cet écart de temps entre le Canyon et le Lapierre. Curieusement, depuis mon périple marocain, je n’avance plus ! En effet, même avec mon Fuji, mon actuel vélo de test, j’ai mis 2 minutes (un gouffre) de plus au tour-test qu’avant le Maroc. Pourtant j’ai encore un peu maigri. Il n’est donc pas impossible que je manque de chevaux pour un tel attelage ; et s’attaquer au pilotage d’une formule un n’est peut-être pas donné à tout le monde…

En termes de comportement propre, en tout cas, le Canyon n’a vraiment rien à se reprocher. Il est même très équilibré, que ce soit en côte, en
descente ou en faux-plat. Précisons cependant que c’est le moins confortable des trois vélos de ce comparatif. Notez aussi qu’à la fin du tour test, j’ai même eu l’impression d’aller plus vite et j’imaginais réaliser un temps bien inférieur. Raté ! On pourrait penser que j’ai la dent un peu dure, mais j’étais tellement persuadé que le Canyon allait exécuter la concurrence ! Cela ne s’est pas passé comme cela. Une fois n’est pas coutume.

Canyon Ultimate CF SLX 8.0

QUAND CANYON RENTRE DANS LE RANG

Force est de constater qu’avec mes 90 kilos cet Ultimate CF SLX 8.0 a trouvé à qui parler. Pourtant plus léger, et équipé d’un cadre au palmarès impressionnant, cela n’a pas suffi, pour une fois, pour présenter un chrono supérieur au Lapierre. Et ça, c’est une vraie grosse surprise. Bon, le Canyon demeure le numéro un. Mais tout peut dépendre…

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Richard Jamin est le président-fondateur et le directeur de publication du magazine L'Acheteur Cycliste. C'est lui , il y a 13 ans, qui à eu l'idée et le courage de créer le premier magazine d'achat du vélo de route. C'est un véritable passionné du vélo de course, il possède aussi un sacré caractère.