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BH G6 Pro Ultegra

BH G6 Pro Ultegra

Élégant, très cohérent esthétiquement parlant, le G6 Pro hérite de l’appellation haut de gamme de la marque espagnole lors de son explosion au top niveau, notamment en arrivant sur le World Tour il y a quelques années. L’héritier est-il bien né ? Réponse…

BH G6 Pro Ultegra

J’ai toujours aimé le G6. Surtout lorsque c’était le haut de gamme de BH. Pourquoi ? Car il était très réactif, agile et léger. C’était, à l’époque, ce qu’un carbone devait proposer. Aujourd’hui, on retrouve, déjà extérieurement, ce qui étaient les avantages de ce cadre : une tige de selle intégrée facilement réglable, un look « aéro » et l’intégration des câbles. Bien. Du coup, le G6 Pro ressemble vraiment à un vélo de compétition. Plus qu’à un simple vélo de course. Le choix du rouge et bleu, en revanche, ça reste discutable…

BH G6 Pro Ultegra BH G6 Pro Ultegra

Le cadre du BH se distingue d’abord par son allure « aéro » symbolisée par la douille de direction ultra large, un tube de selle « aéro » et un étrier de frein placé sous la boîte de pédalier. Techniquement, ce cadre embarque une boîte BB386, un standard, rappelons-le, inventée par BH en partenariat avec FSA ! Rappelons aussi que le BB386 brille par la facilité qu’il apporte à la majorité des cadres qui l’utilisent. C’est, pour nous, le meilleur choix possible sur un cadre actuel. On remarque aussi des bases
courtes de 402 mm, donc réactives, et un poids de 860 petits grammes. Côté fi bres carbone utilisées, c’est le black out. Mais avec un tel poids, on est forcément sur un mix entre fibres unidirectionnelles et tissus croisés à 45 ou 90°. Du classique à ce niveau de prix.
Le G6 existe en seulement cinq tailles. BH n’a jamais été un foudre de guerre au niveau de l’offre de tailles. En revanche, la marque a fait le choix, à l’inverse du Lapierre, de resserrer les tailles entre chaque cadre. On aura donc une bonne progression, mais les petits risquent de se retrouver un peu en difficulté entre la taille XS et SM avec 23 mm d’écart. Si c’est votre cas, portez une attention particulière à votre position. On fera aussi attention à la hauteur des douilles, plutôt courtes : elles nécessiteront une bonne souplesse de vos lombaires ou alors de couper
haut le pivot de fourche, ce qui a toujours un impact sur le comportement du vélo en descente et au niveau « aéro ».
Au fi nal, et donc en théorie pour le moment, voilà un cadre agréable à l’oeil, léger et à vocation sportive.

BH G6 Pro Ultegra BH G6 Pro Ultegra

UN ÉQUIPEMENT… ADAPTÉ

C’est rarement le cas : en général, on est sous dimensionné, notamment dans ces prix, car les constructeurs ne savent trop sur quel pied danser entre milieu de gamme et début de haut de gamme, entre roues efficaces
ou basiques, etc, etc…
Alors voilà, exceptée la transmission Ultegra, indiscutable et efficace, surtout en 34×28, le reste est méconnu. On passe sur le pédalier FSA Gossamer, juste un peu mou à notre goût, et on se concentre sur le poste de pilotage. Et finalement ça passe sans problème : c’est plus l’ergonomie qui compte que le poids ou le style. En tout cas pour qui cherche à être
bien sur sa machine ! A ce niveau, rien à dire. Le cintre est compact donc tolérant pour le dos, la potence ultra classique. La tige de selle est en
carbone et présente un chariot à double vis longitudinale oblique : impeccable pour un réglage précis et aisé. Même, surtout, durant une sortie. Quant à la selle, une Prologo inconnue, elle nous paraît un peu molle et assez fine, plutôt orientée vers les petits et moyens gabarits.
Une fois encore, ce sont les roues qui posent le plus de questions : carbone à cerceau aluminium, à pneus et d’une hauteur de 35 mm pour une largeur traditionnelle de 21 mm, elles accueillent 24 et 16 rayons, de magnifiques moyeux et donc des jantes apparemment solides : sur le papier, voilà d’excellentes roues qui sauront fi ler sur le plat et se faire un peu oublier en côtes, grâce à une rigidité normalement bonne. Le test nous le confirmera… ou non !

BH G6 Pro Ultegra BH G6 Pro Ultegra

Enfin, encore une interrogation importante quant à la position de l’étrier arrière qui impose deux éléments incontournables : des bases qui ne bougent pas en danseuse, et des roues suffisamment rigides pour ne pas venir lécher les patins, le défaut de base de ce type d’étriers…
BH a donc fait un maximum d’économies sans jamais sacrifier son vélo. Ça nous plaît..

SUR LA ROUTE : FACILE, FACILE… MAIS LENT !

Bon, nous n’irons pas par quatre chemins, le G6 Pro est un vélo qui fait illusion. Dans le bon sens. Dès le départ, j’ai senti une aisance rare. J’ai
immédiatement pensé au phénoménal Ridley Noah SL testé il y a deux mois : agile, léger, réactif, le BH est non seulement facile mais en plus ludique. Mais voilà, lorsque j’ai regardé mon compteur, ce que j’y ai lu m’a un peu estomaqué : plus de 35 minutes, soit 2 minutes de plus que le Lapierre ! Et pourtant…

BH G6 Pro UltegraLe G6 est un vélo qui m’a fait grimper la côte de la Roque-sur-Pernes en douceur. Il m’a fait faire la descente sans souci. J’ai pu mesurer l’efficacité du freinage arrière et son comportement. Visiblement, BH a construit un cadre suffisamment rigide côté boîte et l’a équipé de roues Vision Trimax qui ne bougent pas, même à la relance. Nous validons donc le freinage. Voire un peu plus avec les jantes aluminium, même si l’on ne sera forcément pas au niveau du Lapierre sur le mouillé.
A l’usage, avec ce BH G6 Pro, jamais je n’ai eu l’impression de vraiment forcer. Étonnant. Seul le faux-plat de retour et le raidillon m’ont interpellé. Dans le faux-plat, je n’ai pas pu vraiment mettre de braquet tant ce vélo aime la cadence. D’ailleurs, son secret de facilité réside sûrement dans sa boîte de pédalier. Dans le raidillon, au sprint, donc, j’ai aussi eu l’impression que le vélo espagnol s’affaissait et perdait ses qualités de base…
Ce genre de machine est rare. Est-ce le fait du cadre ? Est-ce le fait des roues ? Difficile à dire. Même pour nous, d’autant que les Vision Trimax
35 à pneus de 25 de section pour l’occasion restent parmi les meilleures roues à pneus que j’ai testées.
Au passage, le confort n’est pas ce qui caractérisera le plus le G6.
Voilà donc un vélo qui roule vraiment facile. Et ça, c’est une grosse qualité. Mais il ne faudrait jamais le brutaliser. Cela ne servirait strictement à rien. En revanche, sous son air de bête de compétition, et ça aussi c’est plutôt agréable, voilà une machine qui vous emmènera loin, très loin, sans vous fatiguer.
Les pneus de 25 sont-ils obligatoires ? Rien n’est moins sûr. Et pour tout vous dire, si nous avons le temps, j’irai faire un tour avec mes Corima. Pour voir.

FACILITÉ, LE MAÎTRE MOT DU BH G6 PRO

En l’état, si vous recherchez un vélo facile, bien plus facile que la moyenne, que vous voulez une machine capable de vous emmener le
dimanche en souplesse mais aussi durant les vacances, pour vous mesurer aux plus grands cols d’Europe, vous l’avez trouvé. Mais encore plus que le Lapierre, le G6 ne facilite pas la performance. Même si ce n’est pas ça, pour le coup, qui compte. La question, au fi nal, est
faut-il dépenser plus de 3000 euros dans une telle machine ? Si vous avez bien identifié votre pratique, nous disons oui. Mais oubliez la performance pure…

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Richard Jamin est le président-fondateur et le directeur de publication du magazine L'Acheteur Cycliste. C'est lui , il y a 13 ans, qui à eu l'idée et le courage de créer le premier magazine d'achat du vélo de route. C'est un véritable passionné du vélo de course, il possède aussi un sacré caractère.